Chap 9 : Mêmes joueurs jouent encore – épisode 6 – Extrait

Encore une fois, pour être tout à fait honnête, même en reprenant notre rôle au sein du programme Open Space, il y avait désormais une sorte de distance entre nos réfugiés et nous. C’était presque imperceptible pour un œil non averti mais nous étions à la fois moins sollicités et en même temps, nous ne ressentions plus le besoin d’être aussi impliqués dans la vie du vaisseau qu’avant. Nous ne nous en rendîmes pas compte immédiatement mais, autant nous étions vraiment plus proches de notre famille, autant avec le reste des Ouranautes… Comme si ces deux ans leur avait appris qu’ils n’avaient pas forcément besoin de nous au quotidien. Ça nous arrangeait bien, remarquez. On avait déjà bien assez de responsabilités envers l’équipage sans qu’en plus, ils nous appellent pour un oui ou pour un non. Et ce, même si, en presque vingt ans à leur tête, on les avait habitués à être à leur disposition H24 – c’est bon pour personne, ça. Par contre, comme une partie de cette pression était retombée sur Luc, Fred et leurs équipes aux commandes, ou sur Scylla, Mat et leurs équipes d’explorations, nous fîmes en sorte de toujours être là pour eux – la famille avant le reste.

De manière aussi bien inconditionnelle qu’indéfectible, nous les soutînmes chaque jour encore et encore, tout comme, de leur côté, ils nous accompagnaient dans nos efforts pour redevenir les guides que les circonstances avaient fait de nous. Ainsi, malgré un emploi du temps particulièrement chargé entre les séances avec le psy, l’entrainement à la fusion stable et le programme Open Space, nous trouvâmes toujours du temps pour la famille et nous-mêmes. Après tout, nous ne faisions que suivre les recommandations du bon docteur : plus de surmenage et un recentrage sur vos priorités, à savoir, le bien-être de nos proches, sans oublier le nôtre. Ça pouvait paraître un peu égoïste mais nous nous étions consacrés aux Ouranautes, au détriment de notre couple et de notre famille, pendant près de deux décennies. Donc, compte-tenu des derniers évènements, on avait bien mérité de souffler un peu – même nos détracteurs ne pouvaient pas dire le contraire. Surtout que, malgré tout, suite à cette allocution, nous le reprîmes notre rôle. Bon, certes, nous étions moins présents sur le vaisseau mais les explorations reprirent au même rythme qu’avant, ce qui signifiait que nous étions fins prêts à assurer car, dans le cas contraire, tous savaient que Luc n’aurait jamais autorisé la reprise du programme.

Tout ça pour dire qu’en Mars de l’an 2037 du calendrier Grégorien, ou en Mars de l’an 19 du calendrier Ouranaute, le vaisseau père repris sa route, avec à son bord, un équipage désormais conscient que nul n’est infaillible, et qui, grâce aux efforts conjugués de ses deux guides, de ses commandants et de ses ingénieurs, était mieux armé que jamais, pour affronter l’adversité. Comme vous vous en doutez, suite à nos déboires avec la Fédération d’Akuartas, tous les trous noirs qui nous en rapprochaient de près ou de loin, ou qui débouchaient dans les zones que nous avions déjà explorées, étaient désormais bannis des destinations possibles pour l’exploration. Nous établîmes même une zone de quarantaine d’un millier d’années lumières autour de ces destinations pour être sûrs de ne pas croiser la Guilde ou qui que ce soit qui la connaisse. De plus, pour éviter de donner du grain à moudre à Egoran, nous interdîmes tout voyage vers Mini-Gaïa à travers les trous noirs, de peur que nos vaisseaux soient interceptés. Et même si Luc et Fred s’y étaient risqués plusieurs fois, quand Caysha et moi luttions encore pour garder la ʺ tête froide ʺ en fusion stable, compte-tenu du fait que le gros bleu y avait semé des sondes pour repérer nos allers et venues, nous considérions désormais l’entreprise trop dangereuse.

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