Chap 9 : Mêmes joueurs jouent encore – épisode 2 – Extrait

Le premier pantin était la représentation nue d’un dénommé Kalpa, qui, à l’état d’origine, ressemblait à une espèce de boule de poils transpirante, blonde cendrée, ronde et râblée, avec de très grands bras très fins, se terminant sur trois doigts griffus, dont un pouce opposable. Il ne devait pas faire plus d’un mètre trente et avait de si petites jambes qu’on aurait dit que ces pieds, à deux orteils poilus, et son gros ventre gras, plein de bourrelets, étaient directement reliés l’un à l’autre. Idem, son visage grassouillet dégoulinait sur ce qui lui servait d’épaules, comme s’il n’avait pas de cou, et à travers sa fourrure, on ne voyait que de grands yeux bleus, un très long nez rond, rougeaud et morveux, surplombant une ouverture béante et baveuse, munies de quelques dents pointues et éparses, en très mauvais état. Il avait été l’un des ʺ clients ʺ assidus de Caysha, avant que Kdoki ne s’approprie la dame, et s’était vraiment montré particulièrement cruel et vicieux, sans pour autant avoir été le pire – il figurait néanmoins dans notre top cinq. Dans la vie, ce ʺ charmant ʺ monsieur était un évaluateur de talents, sous entendu, c’est lui qui testait les nouvelles recrues de la Guilde et qui déterminait leur potentiel commercial pour valoriser leur prestations et les tarifs associés. Par conséquent, ma sorcière lui gardait une sacrée rancune, pour ses ʺ évaluations ʺ répétées, et avait donc reproduit sa silhouette, dans les moindres détails – dont certains que je me serais bien passé de revoir trainer par terre, si vous voyez ce que je veux dire –, pour les besoins de notre expérience.

En un rien de temps, nous fûmes fin prêts pour notre première confrontation et, une fois bien positionnés sous le dôme en face du golem, nous nous concentrâmes sur notre fusion. D’après la vidéo, que nous visionnâmes une fois sortis de transe, nous parvînmes à maintenir le flux presque quarante-six secondes, quand nous perdîmes le contrôle de nous-mêmes, et, pour la toute première fois, notre premier réflexe ne fut pas de nous déshabiller l’un l’autre sauvagement mais d’attaquer ledit golem. Celui-ci était programmé pour agir comme l’original mais cette fois, c’est bien simple, il n’en eut pas le temps. En fait, ma pimousse lança immédiatement une vague de froid, gelant sa création sur place, quand moi, dans la foulée, j’envoyais une rafale de vent l’a faisant éclater. Ce fut terminé en quelques millisecondes et ensuite, toujours mus par une conscience commune, comme deux marionnettes sous l’emprise d’une force invisible, nous nous vîmes sortir du dôme. Calmement, ma sorcière lançant alors une petite vague d’énergie qui détruisit ses quatre autres golems encore plus ou moins amorphes puis, nous nous évaporâmes simplement dans la nature.

Comme la suite de notre crise de somnambulisme en duo ne fut pas filmée, nous dûmes nous faire aider pour rassembler les pièces du puzzle et surtout, savoir ce que nous avions bien pu faire pendant les cent-vingt-quatre minutes durant lesquelles nous disparûmes totalement des radars. Pour tout vous dire, au terme de notre transe, qui dura trois jours entiers, nous reprîmes nos esprits dans notre mini jardin artificiel, donnant à la fois sur notre chambre et sur notre cuisine/salle à manger, à bord de notre petite bohème, posée sur Mini-Gaïa. Comme d’habitude, nous étions exténués et nus comme des vers mais, contrairement à nos précédentes expériences, nous avions des trous de mémoire en plus d’être un peu désorientés et vaseux – comme un lendemain de fête. Pour l’anecdote, c’est l’arrivée inopinée de Zeus, directement dans notre cuisine, qui fut à l’origine de notre ʺ réveil ʺ précipité, puisqu’il a bien failli nous surprendre en pleine action. Pour info, à chaque fois que notre ʺ parrain ʺ débarque à l’improviste, il prétexte toujours être là pour voir comment ses ʺ élèves ʺ progressent. La vérité c’est que nous constatons régulièrement qu’il nous manque un ou deux animaux dans notre garde-manger miniature, vous savez, notre écosystème fermier miniaturisé et géré par l’ordinateur de bord de notre navette. Oui, parce que, ce qu’il faut préciser, c’est que ce pique-assiette ne se contente évidemment pas de squatter notre frigo presque constamment, avec ou sans notre permission. Il en a aussi après certaines denrées dont nous sommes les seuls à disposer, depuis la destruction de feue notre Terre.

 

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