Chap 9 : Le prix d’un sursis – épisode 3 – Extrait

A l’inverse, de notre côté, le vaisseau imaginé par ma mini-génie était la plus grande et la plus ambitieuse embarcation qu’on n’ait jamais vu et comme nos survivants travaillaient dessus depuis déjà presque neuf mois dilatés, elle prenait forme très rapidement. D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, tout le mérite de sa conception ne revint pas seulement à Caysha. Chacun de nous, de l’ouvrier de base aux ingénieurs, en passant par la famille, y apporta sa petite touche – même si ces personnalisations ont souvent posé plus de problèmes qu’autre chose. Après tout, cette ʺ arche ʺ allait nous servir de maison peut-être pour le reste de nos vies, notre implication dans sa construction coulait donc de source. Vous allez rire mais même les gens qui étaient encore convalescents et ne prenaient donc pas activement part au chantier, s’investirent à leur manière, soit en commençant à réfléchir à l’aménagement intérieur du vaisseau – vu que les plans étaient accessibles à tous, ce n’était pas très difficile de s’y projeter –, soit en organisant d’ores et déjà leur future vie à bord. Nous avions beaucoup d’intellectuels blessés ayant à cœur de voir plus loin que la simple survie physique de nos futurs membres d’équipage et qui s’interrogeaient déjà sur le genre de sociétés que nous allions bâtir à bord.

Enfin bref, malgré notre bonne volonté à l’égard de nos assiégeurs – oui, la fourniture du premier moteur ne fit pas pour autant tomber le siège –, le premier incident post-trêve entre les conservateurs et nous intervint dans la nuit du vendredi 5 octobre – moins d’une semaine, ils n’ont pas trainé. En effet, un adolescent se présenta avec sa ʺ petite sœur ʺ, dans l’espoir que nous les recueillions, mais après examen, il s’est avéré qu’il ne s’agissait pas là d’un simple abandon d’enfants. L’ado avait en fait pour mission de nous espionner. Quant à sa soi-disant petite sœur, c’était une orpheline atteinte de rien de moins que la peste – en pleine guérison grâce au parasite garou mais quand même. Malheureusement pour notre espion en herbe, chaque nouvel arrivant était interrogé et examiné par un sorcier ou un médium, accompagné d’un médecin, et ce quelque soit son âge. Du coup, on peut dire que sa tentative avorta avant même de commencer – essayez donc de mentir à un vrai médium, je vous garantis que ça relève de la gageure. Bon, ce n’est pas tant la tentative de contamination ou d’espionnage qui nous mit véritablement en colère, ce fut plutôt le fait qu’ils utilisent des enfants – que nous gardâmes quand même, au final. Caysha et moi étions déjà furieux mais là, nous nous devions de faire un exemple.

Nous fîmes donc une petite descente chez le commanditaire de cette félonie, un énorme prêcheur sans véritable religion, officiant à la périphérie de Barcelone. Il se terrait dans une pseudo-église en bois où il donnait la messe à plus de deux mille personnes. Nous attendîmes que l’excitation de ses ʺ disciples ʺ soit à son paroxysme puis l’interrompîmes, au beau milieu d’une représentation, particulièrement enflammée et haineuse. Et là, nous fîmes son inquisition devant toute sa congrégation. Cette ordure, non content d’abuser de ses concitoyens et surtout, des enfants laissés à sa charge, vendait également les services de ses jeunes fidèles aux plus offrants – lire les pensées des gens et y voir toute leur biographie, ça aide bien face à de telles raclures. C’était comme ça qu’il avait vendu la mission de notre ado au grand chef local. D’ailleurs, nous conviâmes aussi ce dernier à la petite fête, par téléportation, lui et sa suite, et révélâmes son vrai visage, non seulement aux personnes présentes mais aussi, à tout le reste de leur communauté, par télépathie. Ces gens furent bien sûr très choqués d’apprendre qu’ils avaient misé sur les mauvais chevaux et même si eux-mêmes nous détestaient, ils durent se rendre à l’évidence quand nos révélations poussèrent certains desdits jeunes fidèles à se libérer des mensonges de leur tortionnaire. Sur ces mots, nous proposâmes aux enfants qui le souhaitaient de nous suivre, certains acceptèrent sans hésitation, malgré la présence de leurs parents, quand d’autres préférèrent rester. Puis nous rentrâmes, emportant nos nouvelles recrues avec nous. Très honnêtement, nous n’en avions cure du futur destin de ces scélérats, voire de leurs agissements, tant qu’ils ne s’en prenaient pas aux nôtres.

Dès le lendemain, la nouvelle de cette affaire s’était répandue chez les conservateurs du monde entier. De ce fait, ceux qui étaient ʺ en business ʺ avec nous – les américains – nous assurèrent, avec beaucoup d’insistance, que cet incident était isolé et qu’il n’y en aurait pas d’autre du genre à l’avenir. Toutefois, à partir de ce moment, Fred décida d’accompagner sa sœur à chacun de ses déplacements chez eux, de peur qu’ils ne tentent quelque chose d’insensé. Bien évidemment, Caysha fut contre et argua que les conservateurs ne tenteraient rien contre celle qui leur offrait leur billet de sortie. Mais la décision du frangin était prise et rien de ce qu’elle aurait pu dire ou faire n’aurait pu l’empêcher de la suivre – à part l’enfermer mais comme j’étais rassuré qu’elle n’y aille plus seule, je me suis porté garant pour lui et elle finit par accepter.

 

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