Chap 8 : Interventions (presque) divines – épisode 3 – Extrait

A peine quelques instants après nous avoir quittés, j’entendais ma sorcière s’affairer dans son labo, à bord du Bohemian. Je me sentais mal qu’on ait dû faire face à nos responsabilités, si tôt après nos retrouvailles – entre autres sentiments de culpabilité mais le fait est que je n’aurais pas supporté qu’elle s’éclipse pour retourner seule en enfer. Quelque part, j’étais donc reconnaissant envers Zeus pour cette mise au point, même si, encore maintenant, j’ai beaucoup de mal à le reconnaitre. On avait beau être éternels, sept mois de souffrances et de solitude, tels qu’on les avait vécus, allaient être très longs à cicatriser. Rendez-vous compte, nous étions revenus depuis moins d’une journée et déjà, nous débattions des conséquences de nos choix. En parlant de Zeus, déjà que j’avais mis le temps pour digérer le fait qu’il avait laissé la Terre être détruite, bien qu’il ait eu les moyens de l’empêcher, alors après ça, avec la dimension personnelle de cette histoire, je peux vous dire que j’ai vraiment lutté pour parvenir à lui parler sans l’agresser. D’ailleurs, je m’en voulais tellement à moi-même que ce ne fut pas valable qu’avec lui. Pendant pas mal de temps, un simple regard de travers à ma femme pouvait rendre aveugle celui qui l’avait jeté – sans parler d’autres gestes déplacés.

Quoi qu’il en soit, après quelques minutes de planification des derniers détails avec le beau-frère et notre Captain, j’ai rappelé ma dame pour qu’elle nous accompagne tous sur Ouranos, afin de conduire ce dernier en lieu sûr – si tant est que ça existe. Ben oui, le géant bleu étant aux mains de la Guilde, nous ne pouvions pas nous permettre qu’il nous retrouve en utilisant la mémoire de feu Thénos. Nous devions donc transporter notre vaisseau père dans un endroit inconnu de celui-ci au plus vite. Un endroit que nous n’avions encore jamais exploré. Mais pour en revenir à Caysha, j’eus beau l’appeler par télépathie, elle ne semblait pas m’entendre. Je suis donc allé la chercher, laissant Fred et Luc à la table du campement. En pénétrant dans son antre, je compris pourquoi elle ne m’avait pas rejointe. Elle était assise à son bureau, tremblante, le regard dans le vide et l’air psychologiquement exténué. Elle semblait tellement perdue – pour ne pas dire désespérée – dans ses pensées, qu’elle était à la limite de la torpeur. Elle avait ressorti tous les plans d’Ouranos, qu’elle regardait fixement sur ses trois écrans géants d’ordinateur, tout en tapotant fébrilement sur une page blanche de son bloc-notes, avec la gomme au bout de son crayon.

A sa main gauche, un verre était rempli, d’après l’odeur anisée, d’une absinthe à très haute teneur en alcool et THC, situé à côté d’une ampoule contenant un autre produit bien connu de ma femme, de la morphine. Elle, d’habitude si prolifique en idées de génie, semblait totalement désorientée tant elle était dépassée par les évènements. Je lui ai alors demandée d’un ton ferme si elle hésitait entre le verre et l’ampoule ou si elle ne savait simplement pas par quoi commencer. Elle me répondit alors qu’elle avait besoin de se détendre, ne parvenant plus à réfléchir. Je lui ai alors rappelée qu’avant toute autre chose, nous devions nous occuper d’Ouranos car, même si les mafieux de l’espace ne s’étaient visiblement pas encore mis en mouvement pour nous retrouver, avec l’autre gros sous la main depuis plus d’une semaine, ils n’allaient surement pas tarder à s’y mettre.

 

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