Chap 8 : Crimes et conséquences – épisode 1 – Extrait

Le mois d’août commença donc par l’organisation du procès de Michaël. Et pour éviter d’exacerber les tensions que notre ʺ écovandalisme ʺ avait générées, pour une fois, notre fine équipe et nous-mêmes restâmes à l’écart. Je veux dire que nous étions toujours en charge des prisonniers, puisque personne d’autre n’était à la hauteur de la tâche, mais nos représentants fétiches, Jun et Emeric, préférèrent s’occuper de tout le reste – presque – sans notre concours. Ils se concertèrent donc avec les autres ambassadeurs de notre cité et s’employèrent à préparer l’évènement de sorte qu’il se déroule au mieux. En premier, ils choisirent un endroit neutre : le cœur des steppes mongoles du désert de Gobi. Ensuite, ils y rassemblèrent des volontaires démons, sorciers et autres magiciens, pour y construire l’infrastructure nécessaire à l’accueil des très nombreux ʺ jurés ʺ attendus. Rapidement, ils firent sortir de terre d’immenses blocs de pierre, érigeant un édifice en forme d’hémicycle à ciel ouvert, capable d’accueillir facilement plus de quatre cents personnes. Comme pour Lazarus, ce fut Luc qui se chargea de dessiner les plans mais du fait de son implication à nos côtés, ce fut la seule contribution d’un membre de notre ʺ famille ʺ à cet ouvrage – oui, après tout ce qui s’était passé, on peut dire qu’on l’avait définitivement adopté, même moi.

Chaque pupitre de pierre était équipé d’une corne magique, en guise de microphone, et d’une boule de cristal, servant de sonnette. Quiconque voulant prendre la parole posait alors sa main sur la boule afin d’activer sa corne et signaler son intention. Une seule corne à la fois pour éviter la cacophonie expérimentée lors de la première réunion – une idée de Jun. De même, l’endroit fut aussi ensorcelé pour que tout le monde puisse se comprendre sans avoir besoin de parler la même langue. Une seule borne de téléportation fut installée à proximité du site et elle resta verrouillée jusqu’au procès. Toutes les autres furent déplacées ou verrouillées dans un rayon de cinq cents kilomètres autour du site. Si des importuns décidaient de débarquer à l’improviste, ils allaient être visibles de très loin et donc, aisément reconductibles à leur point de départ. Au final, c’était un bel édifice, simple mais propre et fonctionnel. Puis surtout, grâce à la magie, il fut terminé en moins d’une semaine.

A Lazarus, comme dans le reste du monde, plus la date du procès approchait, le lundi 13 août, plus la tension était palpable. Partout les gens ne parlaient que de ça. La plupart des communautés mirent en place d’immenses écrans ou se rassemblèrent près de nos bornes, afin de ne pas louper une miette des débats. Même celles composées d’extrémistes conservateurs. Quant à celles encore connectées aux réseaux internet et télévisés, elles se branchèrent simplement sur le site web de Lazarus – le plus haut taux d’audience de l’histoire de la télécommunication. Ah ça, je peux vous assurer que procès de l’ʺ exterminateur ʺ allait être suivi par presque toute la planète. Michaël allait enfin avoir sa tribune pour expliquer ses actes mais révèlerait-il à ses ouailles le côté sombre des vrais anges ? Rien n’était moins sûr. Caysha et moi attendions cette confrontation publique avec appréhension. Nous savions que la responsabilité de l’extinction pouvait nous retomber dessus à n’importe quel moment, surtout en présence de ce satané manipulateur. Du haut de nos trente et un et trente-deux ans, nous avions mis en échec – enfin, presque – un plan qui avait mis plus de cinq mille ans à se dessiner dans sa tête et à se mettre en place. L’année 2018, celle de mes trente-trois ans, allait-elle être aussi celle de ma consécration ou celle de ma condamnation ?

 

Voix flottante de Caysha : ʺ Tu en parles comme si t’avais été tout seul sur ce bateau. Je te signale qu’on était tous embarqués dans cette galère. La famille, les amis, tous ! ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Oui, c’est vrai. Cependant, j’étais le seul qui allait avoir trente-trois ans au mois d’août 2018. C’est un âge qui porte la poisse, tout le monde le sait. Demande à JC. ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ JC ? Le petit JC ? Je ne vois pas ce que Jean-Christophe a avoir là-dedans. Le jour de ses trente-trois ans, il a juste surpris sa Georgie adorée dans les bras de Mat. C’était prévisible, Mat était le père de son plus grand garçon après tout. Sans oublier le fait que c’était la veille de l’extinction de l’humanité. ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Et après, tu oses me dire que cet âge ne porte pas la poisse ? ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ De toute façon, t’es plus à ça près maintenant ! Rappelle-moi notre âge ? ʺ

Voix de Vinsen : ʺ … Reprenons. ʺ

 

Pour télécharger l’intégralité de l’ouvrage, rendez-vous ici.

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