Chap 7 : Poursuite – épisode 6 – Extrait

La nuit était bien avancée quand des bruits de glissements et de voix firent écho dans les galeries. Soudain, une torche enflammée surgit de l’une d’elles et Caysha attentive, se saisit de sa lame. Ceux qui s’en servaient pour éclairer leur chemin étaient visiblement de jeunes tourtereaux d’une espèce à mi chemin entre gorgone et libellule. En gros, ils avaient un corps de serpent avec un buste, quatre bras et deux paires d’ailes rappelant ceux des odonates. Ma sorcière connaissait bien cette espèce pour avoir vu passer nombre de ses représentants, dans les couloirs de sa dernière demeure, où ils y étaient communément employés pour les tâches ménagères ou hôtelières – ʺ employés ʺ étant un bien grand mot, si vous voyez ce que je veux dire. Quoi qu’il en soit, l’absence de bruits de véhicule, avant leur arrivée, sous-entendait qu’ils étaient probablement venus à pied et donc, qu’ils ne devaient pas habiter très loin, étant donné que cette caverne se trouvait en pleine forêt et qu’il faisait nuit noire dehors. De loin et avec juste une torche pour les voir, sachant que ma femme souffrait encore de sensibilité à la lumière brillante, elle ne put bien distinguer leurs visages reptiliens, elle se mit donc à écouter leur discussion, en regardant la paroi au-dessus d’elle refléter les virevoltes de la flamme de leur torche.

Elle les entendit ainsi parler d’avenir, de leurs préoccupations de grands adolescents, jusqu’à ce que, finalement, ils se laissent aller à des activités de couple, comme ceux qu’elle espérait un jour pouvoir réapprécier. En repensant à sa propre expression de satisfaction lorsque nous échangeâmes notre dernier baiser, elle était sûre que nos rapports étaient dépourvus de violence ou de cruauté. Mais bien vite, elle se rappela aussi ce qu’elle avait traversé juste pour permettre à un monstre de se venger et ça lui fit prendre conscience que quoi qu’elle fasse, elle ne pourrait jamais effacer ce qu’elle vécut à cause de lui. Et son manque énergétique devenant de plus en plus douloureux, la dépression qui l’accompagna lui fit se remémorer toute la souffrance et la détresse éprouvées ces derniers mois. Comme la première fois, j’aurais tout donné pour qu’elle se sente mieux mais si je pouvais voir aussi clair dans sa tête, c’est que j’étais moi-même en plein coma et dans ces conditions, je ne pouvais que lui transmettre mon amour, sans même être sûr qu’elle le perçoive. Enfin bon, en même pas deux heures, la pression de son manque finit par faire partir les deux jeunes amants, le mâle commençant à être pris de sérieux vertiges.

Puis, quand vint le jour, ma pauvre pimousse se tordait de douleur sur sa corniche. Grâce à son tour de cou magique, ses hurlements, dont l’écho atteignait sans peine la surface, firent fuir toute vie à des centaines de mètres à la ronde, sauf celle piégée dans la caverne et qui commençait à remonter à la surface du lac violet. Une atmosphère nauséabonde s’installa rapidement, les nombreuses créatures aquatiques mortes d’épuisement emplissant un peu plus les berges dudit lac, à chaque vague.

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