Chap 7 : Poursuite – épisode 5 – Extrait

Dans le noir quasi total de la pièce, ma sorcière ne percevait plus rien à part une ombre avançant prudemment et rapidement vers elle. Elle frappa donc dans le vide puis fit finalement tomber sa couverture pour tenter de déterminer la position de son mystérieux assaillant. Ce faisant, la lueur violine émanant de son corps lui permit de reconnaitre Lornix, qui, si son arrivée avait été moins à propos, aurait pu dire qu’il passait par là par hasard. En voyant le larbin d’Egoran, celui qui nettoyait toujours derrière son maître à chaque fois qu’il rendait visite à ma moitié, pendant les trois mois où elle voyagea en sa compagnie, avant d’arriver à la Guilde, cette dernière baissa doucement son arme. Après tout, il ne s’était jamais montré violent à son égard, au contraire, sa présence avait même quelque chose d’apaisant. Là, toujours sans rien dire, il lui tendit un petit tour de cou, pourvu d’une gemme, qu’elle saisit sans toucher sa main pâle, de peur de le momifier lui-aussi. Pour une raison encore inconnue, notre inexpressif ʺ ami ʺ n’avait pas repris la route avec son capitaine, quand ce dernier eut fini de profiter de l’hospitalité de l’Aapthula. Et par la suite, Caysha l’avait même surpris plusieurs fois à trainer autour de sa cellule, l’observant de loin, comme si l’interdiction de lui parler et de la toucher était encore en vigueur, malgré le départ du gros bleu. Elle passa donc le tour de cou magique, reconnaissant celui que Maedlina lui avait fait et qu’elle se vit confisquée le jour où elle rejoignit le ʺ staff ʺ local, lui permettant, toujours sans lâcher sa lame, d’interroger Lornix sur le but de sa présence. Ce à quoi il répondit : ʺ Je suis resté parce qu’on ne devrait jamais s’en prendre à ceux de ta nature. Je veux réparer mes torts donc, si tu veux, je peux te sortir d’ici mais il faut faire vite et suivre mes consignes à la lettre. ʺ

Sans pour autant baisser sa garde, ma pimousse n’eut aucun besoin d’y réfléchir à deux fois pour accepter son offre, même ignorant encore complètement ce qu’il entendait par ʺ ceux de ta nature ʺ. Il s’absenta alors quelques minutes, en lui recommandant de prendre le temps de se débarbouiller, d’allumer les lampes de secours, comme des bougies mais sous forme de cristaux qu’il suffisait de frotter doucement, et de faire du bruit pour ne pas attirer l’attention des gardes passant régulièrement dans le couloir et accoutumés aux ébats bruyants de feu leur patron. Il revînt vite avec un sac rempli de vêtements d’enfants pour ma petite dame, preuve qu’il préparait son évasion depuis un moment. C’était le même genre d’habits que sur la lune de glace, un mélange rappelant le moyen empire chinois mais cette fois-ci, avec une pointe d’élégance britannique, très victorienne – assez bizarre comme mélange. Ma femme fut donc désormais vêtue d’une longue veste à épaulettes rouge sombre, fermée sur le devant avec des boutons tissés, et brodée au fil doré de l’emblème de Kdoki, soit une sorte de toile d’araignée tribale, représentant les points relais de la Guilde, avec une couronne brisée en son milieu. Elle eut également droit à un pantalon à pinces bouffant sur les cuisses, comme ceux pour faire du cheval, des bottes noires à bout rond, beaucoup trop grandes, qui lui montait jusqu’aux genoux, et un chapeau style moyen haut de forme, avec une résille aux mailles très fines, descendant sur le visage, et une broche dorée sur le côté, retenant des plumes multicolores. De manière générale, ces soi-disant vêtements pour enfants paraissaient démesurément grands – en même temps, elle ne devait pas peser plus de quarante kilos à ce moment-là.

Quoi qu’il en soit, une fois lavée et présentable, elle le suivit à travers un dédale de couloirs de pierre, sombres et sales, contrastant grandement avec le côté cosy et molletonné de la salle de torture dont tous deux sortaient. Ils firent attention de ne croiser personne, s’arrangeant pour se dissimuler dans les différentes alcôves parsemant leur chemin, dès qu’ils entendaient quelqu’un s’approcher. A travers son architecture très moyenâgeuse, rappelant celle du château de Maedlina, j’eus l’impression que cet endroit avait été dessiné par le même architecte mais bon, pour l’heure, j’étais plus inquiet pour ma sorcière qu’admiratif devant la complexité de cette bâtisse.

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