Chap 7 : Poursuite – épisode 4 – Extrait

Psychologiquement, j’étais un peu comme dans des montagnes russes en forme de cercle vicieux. Moins j’avais d’énergie, mieux je percevais les maux de ma pimousse, plus j’en avais, plus j’étais conscient de mon impuissance, coincé au fond de la soute de ma propre navette. En conséquence, j’avais constamment l’impression de n’être qu’un rêveur de cauchemars, partagé entre mon rôle de témoin aveugle de ce qu’elle vivait et celui de bourreau, adepte de l’autoflagellation. En parlant de ma sorcière, j’appréhendais beaucoup qu’à la Guilde, son calvaire aille croissant de part son succès plus que probable auprès des ʺ consommateurs ʺ mais, fait étrange, ce ne fut le cas que durant environ deux semaines. Passé ce délai, le rythme de ses ʺ rendez-vous ʺ ne fit que décroitre, de même que la diversité de sa ʺ clientèle ʺ qui, finalement, se résuma rapidement à une seule et unique créature, ne partageant plus ma dame avec d’autres qu’en de très rares occasions. Point positif – on se rassure comme on peut –, ce monstre vert-gris, dont je ne connaissais que la silhouette vaguement ʺ entomomorphe ʺ et quelques parties de son anatomie – que je me serais bien passé de visualiser en si gros plans, même déformés –, certes brilla d’abord par son assiduité auprès d’elle, mais devint de plus en plus distant à mesure qu’elle l’épuisait. Le plan d’Egoran fonctionnait donc à merveille puisque ledit monstre était bien évidemment l’Aapthula en personne. En revanche, la cruauté de ce dernier sembla, elle, s’accroître à chaque nouvelle entrevue, comme pour compenser sa faiblesse grandissante et rattraper le temps perdu à essayer de récupérer de ses ʺ séances ʺ.

Ah ça, mes différentes périodes de somnolence me permirent de constater tout mon comptant comment et à quel point le fameux Kdoki aimait torturer ma femme. C’est bien simple, il était à chaque fois plus cruel et vicieux, surpassant de loin le gros bleu lui-même, ce qui n’est pas peu dire. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il en redemandait encore et toujours, malgré son épuisement de plus en plus rapide et potentiellement fatal. Pour rappel, Caysha avait beau être alimentée, ou plutôt sous-alimentée, en énergie à distance, via la gemme implantée au-dessus de son cœur, le débit de cette dernière était constant alors qu’entre les violences qu’on lui infligeait et notre séparation, son besoin, lui, augmentait sans cesse. Ajoutez à ça l’intoxication à son sang d’éternel, même sous énergisé, dont monsieur faisait grande consommation et vous obtenez un cocktail détonnant qui aurait eut raison de n’importe qui d’autre en l’espace de quelques jours. Mais pas lui, non, le machin tint même le choc plusieurs semaines avant d’enfin succomber à son addiction à ma moitié, à notre grand dam à tous. Enfin, à tous pas vraiment. Il y en eut bien un qui, je suis sûr, savoura chaque seconde de cette histoire, une fois certain que son plan avait toutes les chances de réussir, sans risquer de lui retomber dessus. Vous voyez de qui je parle…

Quoi qu’il en soit, un beau matin, je sentis le Bohemian à l’arrêt tout en entendant Scylla, Fred et Luc discuter stratégie. Nous étions visiblement arrivés à Kartham, ou pas très loin, et la famille s’apprêtait donc à aller visiter son premier relais de contrebandiers, pour vérifier si c’était celui où ma douce était retenue.

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