Chap 7 : Lendemains – épisode 3 – Extrait

Suite à cette réunion, les communautés de ʺ conservateurs ʺ les moins organisées continuèrent de fonctionner au système D, entre corruption et répression, les autres tentant, tant bien que mal, de maintenir leur statut quo. Quant à ceux qui avaient trop malmenés leurs voisins, ils étaient désormais approvisionnés par téléportation, plus personne ne voulant avoir affaire à eux. Encore une fois, plus la situation devenait instable chez ces gens, plus ils avaient tendance à s’enfermer dans une spirale obscurantiste et autoritaire. Tant et si bien que nous vîmes même ressurgir des groupuscules de fanatiques religieux ou nationalistes, alors même que ceux-ci avaient presqu’intégralement disparus depuis l’extinction. Les ʺ conservateurs ʺ que je qualifierais de ʺ normaux ʺ nous blâmaient déjà pour leur condition de garous mais eux, haïssaient littéralement tout ce que nous représentions. A croire qu’ils s’ennuyaient à la perspective de vivre en paix dans le respect d’autrui et qu’il leur fallait absolument un nouvel ennemi à abattre…

Bon, j’avoue, notre politique, à ma sorcière et moi, pouvait paraître un peu autoritaire, voire abusive, mais le fait est que, quelle que soit la méthode, satisfaire tout le monde aurait été tout simplement impossible. Notre but était de rendre la Terre de nouveau propre et habitable pour tous ses résidents – encore plus maintenant que nous attendions des jumeaux. Et quand je dis ʺ tous ses résidents ʺ, je parle évidemment de tout le monde, humains, garous, créatures magiques, animaux et plantes, n’en déplaise à ceux qui se croyaient au-dessus des autres. Les générations futures méritaient de vivre enfin sainement et sereinement, d’autant plus maintenant que l’espérance de vie moyenne de la grande majorité de la population était passée à cinq cents ans – ben oui, les garous. En dépit de ce que la plupart des ʺ conservateurs ʺ pensait, nos intentions n’avaient jamais été de dominer le monde, le fait est que nos pouvoirs nous le permettaient déjà. Mais allez expliquer ça à des gens qui ne retiennent que le fait que vous les empêchiez de gaspiller ce qu’ils considèrent comme des biens dus de droit inné… C’est juste impossible, quoi que vous fassiez, pour eux, vous êtes le méchant, point.

En conséquence, petit à petit, la tendance observée les semaines précédentes se confirma : plus Lazarus et les communautés ʺ modérées ʺ se stabilisaient, plus les ʺ conservateurs ʺ se repliaient sur eux-mêmes, à des degrés divers d’intégrisme. La Terre était passée d’une humanité souveraine, divisée en sociétés plus ou moins bien structurées, à une humanité désorganisée et tremblante de peur devant la grande méchante nature sauvage – les éternels. En tout cas, la stratégie d’Emeric Rorschach, de nous présenter comme les seuls décisionnaires pour tout ce qui touchait aux ressources mondiales, porta ses fruits. Nous étions désormais la sorcière voleuse et le démon vandale pour tous ceux qui nous décriaient – je préférais nos surnoms sur Lazarus : la ʺ Nécromancienne ʺ et le ʺ Tawny  Master ʺ. C’était pathétique. Tous ces entêtés qui profitaient de leur nouvelle situation pour revenir au moyen-âge, autant dans leurs mœurs, que dans leur structure sociale. La parité homme femme ? Oubliée. Pouvoir se réunir pour discuter ? D’accord mais en cellule. Pouvoir se plaindre d’une agression ? A qui ? Les agresseurs sont ceux avec les armes et les pseudo-uniformes… En fait, n’importe quel prétexte était bon pour ʺ neutraliser ʺ les ʺ agitateurs ʺ ou pour traiter n’importe qui comme tel.

Caysha et moi étions particulièrement satisfaits quand ils nous donnaient l’occasion de leur rabattre le caquet, à ces fous vindicatifs. Ils avaient beau avoir des enfants, des familles ou simplement des gens qui comptaient sur eux, combien ne voulaient pas d’un monde meilleur et plus propre, combien voulaient juste assoir leur suprématie pour leur profit personnel, comme Michaël ? Si je vous dis 90% vous me croyez ? Non, franchement, tant d’égoïsme était difficilement concevable et pourtant, ils nous démontraient chaque jour davantage à quel point ils en débordaient. Vous n’imaginez pas le nombre de petits états totalitaires, qui choquaient tant l’opinion publique internationale avant l’extinction, à avoir émergé de cendres de communautés conservatrices. Pour être franc, nous aurions pu les obliger à agir selon nos idées mais, en la matière, nous estimions en avoir fait assez. Nous préférions que les gens aient la volonté de changer, pas pour nous faire plaisir mais pour eux, pour assurer leur avenir dans les meilleures conditions. Avoir à nos côtés des gens créatifs, pleins de bonne volonté, plutôt que des moutons uniformisés, c’était à ça que nous aspirions.

 

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