Chap 7 : Lendemains – épisode 2 – Extrait

Côté Lazarus, nos nouveaux arrivants étaient bien souvent déstabilisés en voyant notre cité : cette terre d’accueil mêlant modernité et architecture antique, science et magie. Ceux qui n’avaient jusqu’alors jamais vu de créatures de légendes, les côtoyaient désormais tous les jours, de même que des gens comme eux, mais venant de l’autre bout du monde. Et croyez-le ou non, le choc des cultures était encore plus flagrant quand deux mondes magiques se rencontraient pour la première fois : imaginez des démons-lions, habitués à harceler l’homme envahissant la savane africaine, discutant avec des vampires russes, régulièrement pris pour des châtelains sanguinaires… Les confrontations de points de vue étaient parfois surréalistes mais ils avaient tous en commun d’avoir été persécutés, à la fois par une humanité manipulée par les ʺ anges ʺ puis, plus récemment, par HECATE. Les nouveaux et les anciens garous représentaient aussi deux opposés : les urbains et les ruraux – un peu comme les hippies et les métalleux. Seulement voilà, les anciens garous savaient se maîtriser et étaient habitués à coudoyer des créatures magiques, alors que les autres en étaient encore à découvrir la vraie nature du monde. Spontanément, les premiers encadrèrent donc les seconds, pour qu’ils s’intègrent plus facilement, faisant bien comprendre aux nouveaux venus que tous étaient désormais dans le même bain, quelle que fut leur position sociale d’origine – vous l’aurez compris, certains eurent plus de mal que d’autres à s’adapter.

Les premiers temps mirent en avant les difficultés d’intégrations suite aux différences de mœurs. Les nouveaux garous, venant de pays en voie de développement ou en proie à un conservatisme religieux exacerbé, eurent particulièrement du mal avec notre politique libertaire. Par ailleurs, comme nous ne tolérions aucune atteinte à l’intégrité physique qu’elle ait ou non des séquelles, les gens n’avaient plus le loisir d’imposer certaines de leurs traditions à leurs enfants. Si, par exemple, quelqu’un voulait faire percer les oreilles de sa fille, il allait devoir attendre qu’elle soit en âge de le décider elle-même – et je ne vous parle même pas des autres mutilations traditionnelles, que certaines communautés persistaient à pratiquer. Nous n’imposions rien à personne mais tous les abus sur autrui, qu’ils soient d’ordre physique ou psychologique, étaient proscrits. Les gens pouvaient faire ce qu’ils voulaient tant qu’ils respectaient les trois règles de base. Par exemple, si quelqu’un voulait se balader nu, il en avait le droit tant qu’il ne faisait de mal à personne – on avait quand même demandé aux démons de la luxure de se couvrir les parties génitales en public, mais, dans les faits,  ils ne le faisaient que par courtoisie envers nous, leurs éternels.

D’ailleurs, en parlant de traditions et de religions, dès leur arrivée, les nouveaux résidents étaient informés de notre politique complètement laïque. Tous à Lazarus savaient pour les Enochiens et tous ceux à qui ça posait problème, sont vite repartis sur leur continent. La plupart des bigots et autres pratiquants convaincus ne purent accepter la vérité sur leurs croyances et préférèrent fuir la réalité plutôt que d’y faire face – typiquement humain, quelle que soit la religion. Comme je l’ai dit, nous vivions une sorte d’effet Babel : certains avaient du mal à comprendre que d’autres puissent avoir des points de vue ou des comportements si différents du leur. En un mot comme en cent, l’ouverture d’esprit était une des conditions sine qua non pour bien s’adapter à un environnement aussi hétéroclite que Lazarus. Malheureusement, vu le contexte, de nombreux nouveaux arrivants repartirent donc aussi vite qu’ils arrivèrent, effrayés par ce changement trop radical de leur quotidien. Comme si l’humanité avait oublié qu’elle n’avait pas de racine mais des pieds et qu’elle s’était bâtie à travers ses propres migrations.

Enfin bon, de notre côté, à part celles et ceux qui nous avaient rencontrés ou avaient combattu à nos côtés, personne ne savait qui nous étions, ma sorcière et moi. Nous étions une rumeur, un bruit de fond dans les conversations. Les créatures magiques nous décrivaient comme leurs sauveurs, les nouveaux garous les croyaient sur parole mais à cet instant, nous n’étions encore qu’une simple voix dans leurs têtes. Et pour que ça reste comme ça, notre groupe élut domicile dans la plus éloignée des îles du complexe. Nous y étions donc seuls et tranquilles et personne d’étranger ne savait vraiment où nous trouver – nous dissimulâmes l’emplacement et verrouillâmes l’accès, pour un usage exclusif. Même les enfants de Fred et de Georgie, qui pourtant allaient à la petite école du centre de la cité, parvinrent à garder leur adresse secrète – ils ont trop bien joué le jeu. A dire vrai, nous prîmes ces précautions avant tout pour protéger nos proches de nos détracteurs. Ma pimousse et moi prenions nos responsabilités mais la famille n’avait pas à en payer les conséquences. Nous fîmes donc tout notre possible pour que personne d’étranger ne puisse vraiment les relier à nous, même s’ils travaillaient à nos côtés, à la promotion de la ville ou à l’accueil des arrivants.

 

Voix flottante de Caysha : ʺ La fois où on t’a demandé à quoi pouvait ressembler ʺ Vinsen le Valeureux ʺ a été très cocasse. ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Ben quoi, j’ai dit la vérité : un beau gosse de deux mètres, super musclé, avec un regard émeraude. ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Et humble avec ça… ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Attends, c’est ʺ la plus belle femme de Lazarus ʺ qui me parle ? ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Ah non, là je proteste ! Je n’ai jamais avalisé cette description. ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Non bien sûr, tu t’es contentée d’accepter le compliment… ʺ

 

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