Chap 7 : Lendemains – épisode 1 – Extrait

Le mois de juillet commença très fort. Notre nouvelle cité refuge, désormais baptisée Lazarus – moi, j’avais pensé à Tatouïne mais il paraît que c’était déjà pris –, était en bonne voie pour accueillir nos premiers résidents mais, comme je l’ai dit, il y avait encore beaucoup à faire. Pour être honnête, c’était bien plus qu’un simple ensemble d’habitations. Au départ, Luc l’avait dessinée pour à peine sept millions de personnes et maintenant, nous prévoyions d’y loger un peu plus de six cents millions – dont certaines très encombrantes, comme les démons-animaux. Nous avions donc adapté ses plans d’origine, pour en faire une sorte de chapelet de petites cités fleuries et boisées – et pour l’heure, encore dépourvues de tout aménagement décoratif. Ça se composait comme suit : il y avait le centre-ville, destiné à regrouper toutes les administrations, les services, le stockage et la redistribution des ressources, notamment alimentaires mais également matérielles… Puis, chaque cité à sa périphérie allait regrouper des habitations et des lieux de convivialité.

Nous avions construit ces structures comme d’immenses îles flottantes sur un sol de pierre ponce, représentant au total deux fois la superficie du Sahara. La taille et la conception de cet ensemble empêchait tout risque de submersion, même en cas de grosse tempête – n’oublions pas que nous l’avions positionné au point Némo. D’un point de vue architectural, les bâtiments étaient sommaires mais bien conçus, un peu comme les antiques maisons méditerranéennes – antiques comme Luc, hé hé ! Chaque habitation était prévue pour loger confortablement de une à six personnes. Nous avions même construit des appartements et des pavillons, en fonction du nombre de leurs futurs résidents – les pavillons étant plutôt destinés aux familles. En fait, si tout ce qui restait des populations terrestres venait y vivre, il y aurait un peu moins de trente mètres carrés par habitant, ce qui représentait énormément pour les gens habitués à vivre les uns sur les autres et très peu pour les privilégiés – sans compter les animaux de compagnie.

Enfin bref, pendant que nos compagnons s’organisaient avec ce qui restait d’autorités civiles, pour les aider à prendre en charge, aussi convenablement que possible, tous les survivants à travers le monde, Caysha et moi continuions de disposer des derniers morts. A la fin, il ne restait que nos ennemis à enterrer, nous avons donc réunis leurs corps à l’extrémité du champ bataille, autour de notre repère australien, à l’opposé de là où reposaient nos amis et compagnons d’armes, tombés au combat. Cet endroit avait une grande valeur symbolique pour nous et en faire un cimetière géant était, selon nous, le meilleur moyen de rendre compte de l’ampleur de ce qui c’était joué sur ces quelques hectares désertiques. Vous vous doutez bien que de notre côté, les tombes de Juju, Drix, David et Mme Hadjali y tenaient une place d’honneur. D’ailleurs, malgré les circonstances, je peux vous dire que le jour où nous procédâmes à l’inhumation de nos pertes, presque tout notre repère vint leur dire au revoir. Caysha les fit même revenir en fantôme, pour l’occasion, permettant à tout un chacun de les voir et de les saluer une dernière fois. Il faut savoir que ma pimousse a toujours eu une conception très particulière de la mort ou du deuil et avec son pouvoir de nécromancienne, ça ne s’est pas arrangé – tout ça pour dire que c’était plus flippant qu’émouvant.

Quoi qu’il en soit, après ça, nous pûmes nous concentrer sur la promotion de notre ville refuge auprès des survivants, afin de leur exposer notre vision de l’avenir. Lazarus, dans son intégralité, mêlait efficacement magie et science, autant dans sa conception que dans son utilisation. Et comme la coopération inter-espèces était au cœur de ce projet, nous avions prévu de renforcer la cohésion de sa future nouvelle population, en promouvant les échanges et l’implication de tout un chacun dans le développement multiculturel de chaque ʺ quartier ʺ. C’était très ambitieux, je le reconnais, mais c’était un passage obligé pour que les gens apprennent à se connaître et ne s’enferment pas dans leur propre communauté. Par contre, tant que la situation n’était pas totalement stabilisée, nous gardions la mainmise sur la gestion des denrées et des ressources, pour éviter tout gaspillage ou détournement – ou simplement jalousie.

L’alimentation énergétique de chaque île était assurée par différents supports, allant des courants marins aux éoliennes, en passant par les panneaux solaires – les stocks mondiaux dormaient en entrepôts, il n’y avait plus qu’à les utiliser. Pour les déplacements, Caysha avait installé de nombreuses unités de téléportation, fonctionnant en réseau et pouvant transporter jusqu’à dix personnes simultanément – pour peu qu’elles aillent toutes au même endroit. Vous vous positionniez sur la plateforme légèrement surélevée et à l’aide de la grosse boule de cristal bleu, en forme de globe terrestre, flottant au dessus d’un petit pilier en métal, vous sélectionniez votre borne d’arrivée, sur la carte virtuelle en surbrillance tout autour dudit globe. Puis, quelques millisecondes plus tard, vous y étiez – plus de retard au boulot, génial ! Grâce à ce système, les véhicules à moteur deviendraient complètement obsolètes d’ici peu et chacun pourrait se déplacer sans la moindre difficulté – pour tous ceux qui ont un jour connu le réseau de transports parisien, il s’agissait simplement d’une révolution.

 

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