Chap 6 : La septième – épisode 6 – Extrait

En revanche, au lendemain de cette nuit d’apocalypse, le monde humain était sous le choc. Non seulement, ils avaient vu des créatures qu’on ne voit que dans les films ou les contes de fées mais en plus, ils devaient leur salut à une armée de zombies – le monde à l’envers qui disaient. Heureusement pour nous, les anciens officiels d’HECATE, nos fameux trois petits vieux, Emeric Rorschach et ses copines, Jun Kim et Hasna Hadjali, étaient habitués à gérer les autorités civiles, du coup, nous leur laissâmes le soin de s’expliquer avec elles. Papi Emeric était encore bien blessé mais il retourna le cerveau de ces gouvernants en colère avec une telle maestria, que je me suis demandé s’il n’avait pas lui aussi le don de manipuler les humains, comme moi. Et pourtant, la vidéoconférence mise en place dans la demi-heure qui suivit la fin des hostilités démarra plutôt mal, les différents chefs d’état ayant cru à une attaque contre leur nation.

De notre côté, Caysha et moi devions nous concentrer sur deux choses : retrouver Michaël et ce qui restait de ses sbires et fabriquer plus de ʺ vaccins ʺ. Pour l’instant, le stock déjà distribué n’avait pas été complètement écoulé mais il n’était, de toute façon, que de cinq milliards de doses et nous devions encore contaminer presque sept milliards de gens. Cette nuit-là, nos garous, nouveaux comme anciens, permirent d’amener le taux de contamination à 8 % de la population mondiale, soit un peu moins de six cent millions de gens, ce qui était plutôt une bonne nouvelle – et dire qu’au tout début de cette aventure, les garous n’étaient qu’à peine trente millions… Mais la mauvaise, en revanche, c’était que, suite aux batailles, entre les demi-anges, les garous, nos alliés et les civils, nous déplorâmes plus de trois millions de pertes, à travers le monde, et ça, les humains n’étaient pas près de l’oublier, d’autant que, comme vous vous en doutez, les pertes étaient surtout parmi eux. Bon, au moins maintenant, nous n’allions plus leur forcer la main – tu parles d’un choix, la mort ou la garou-mania – afin que tous les futurs contaminés assument la condition de leur survie. Enfin, nous n’étions pas complètement dupes non plus. Nous savions pertinemment que ça allait de toute façon nous retomber dessus, d’une manière ou d’une autre. Cependant, après ce jour, plus personne ne pourrait plus nous blâmer, nous, pour leur seconde vie.

Vu l’imminence de l’extinction, il ne restait que trois jours pour contaminer garou tout le monde – ben oui, le vaccin nécessitait 24 heures d’incubation. Nos anciens d’HECATE profitèrent donc de la vidéoconférence pour en informer les chefs d’état, leur laissant dès lors la responsabilité de s’organiser pour sauver leurs populations – ce fut à ce moment-là qu’ils se calmèrent et réalisèrent qu’on leur avait finalement un peu sauvé les fesses. Sur ce point, ce fut chacun sa technique même si l’info de l’extinction en elle-même passa assez souvent à la trappe. En fait, la plupart se servit simplement de notre excuse, la fausse pandémie mondiale de grippe et la vraie menace mortelle qu’elle faisait peser, avec d’un côté, ceux qui ont joué la carte du Titanic sur fond religieux – sachant qu’ils ont plutôt mal pris la vérité sur l’origine de leurs croyances – et de l’autre, les menteurs invétérés qui jettent systématiquement la responsabilité de tous leurs maux sur leurs voisins – comme d’habitude, quoi… Avec entre les deux, les biens pensants incapables d’organiser quelque chose sans provoquer la panique et les habituels profiteurs qui rackettent leurs gens et les laissent crever dans l’ignorance.

Il faut savoir que la production de notre remède allait toujours bon train mais la distribution avait été relativement inégale, les pays développés disposant de beaucoup plus de doses que les autres, moins riches et influents. Nos petits vieux ont donc très vite fait comprendre à leurs interlocuteurs que les futurs ravitaillements allaient être destinés à ces derniers, ce qui, comme vous l’imaginez, ne fut pas trop du goût des ʺ géants ʺ politiques de la planète. Ces gars-là s’estimaient supérieurs à leurs congénères, quand bien même ils disposaient déjà de stocks suffisant pour couvrir leurs besoins, mais ce qu’ils n’avaient pas encore réalisé, c’était qu’ils n’avaient simplement pas leur mot à dire. Eh oui, nos usines, notre matière première – mon sang – et notre distribution, du coup, nos règles du jeu. C’est toujours pareil avec des gens qui se pensent puissants, chacun revendique plus que les autres, sous divers prétextes aussi fallacieux que très malvenus, alors que nous, nous partions simplement du principe qu’on ne négocie pas la vie des populations, aussi démunies soient-elles – au contraire, je dirais.

Enfin bon, de notre côté, Caysha et moi essayâmes par tous les moyens de mettre la main sur notre ʺ ange ʺ en cavale. Nous suivîmes sa trace jusqu’à son manoir américain, mais après ça, plus rien. Il s’est littéralement évaporé de nos radars magiques alors que son talisman faisait toujours effet, preuve qu’il le portait toujours. Il y avait aussi la fameuse graine pondue par Urielle qui resta introuvable et pourtant, je peux vous assurer que nous retournâmes chaque millimètre de chacune de leurs planques connues, mais rien n’y fit. Nous savions que l’ennemi ne s’avouerait pas vaincu et qu’il lui restait encore quelques marionnettes pour le suivre mais en l’état actuel des choses, nous ne voyions pas ce qu’il pourrait faire pour que la balance penche de nouveau de son côté. Toutefois, comme au début, il se montra bien plus malin et prévoyant que nous.

En effet, au lendemain de sa défaite, Caysha et moi fûmes appelés en catastrophe dans la dimension des usines. Celles-ci avaient été entièrement détruites par un arbre gigantesque, planté en plein milieu du bâtiment principal – celui qui contenait les cuves de la formule brute de notre vaccin –, et qui broyait toute la structure de ses épaisses racines. Ce monstre, ressemblant vaguement à un pommier, grandissait à vue d’œil, alors qu’il faisait déjà presque soixante mètres de haut à notre arrivée. En regardant attentivement, nous vîmes qu’il avait été engendré par une graine grosse comme un œuf d’autruche, plongée dans ce qui restait d’une des cuves à vaccin. C’était l’arbre père des Enochiens, celui capable de redonner vie à leur forêt entière et il se nourrissait de la seule chose capable de sauver l’humanité : notre vaccin, ou plus précisément, des clones de mon parasite garou contenus dans ce vaccin. Rassurez-vous, nous ne l’avons pas deviné tout seuls, non, c’est Michaël qui nous l’apprit, tandis qu’il pavoisait en admirant son œuvre. C’était pour ça qu’il avait disparu de nos radars, il s’était simplement réfugié dans notre dimension parallèle, dont il connaissait l’emplacement puisque nos usines y avaient été construites par HECATE. Ce que nous ignorions, en revanche, c’était comment il était passé au travers des protections magiques de ma femme, sachant qu’elle avait bien pris soin de ne pas les élaborer seule…

 

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