Chap 6 : La septième – épisode 4 – Extrait

J’ai donc eu droit à des sorts inédits et particulièrement douloureux, comme l’apparition spontanée d’aiguilles dans l’estomac – merci Mr Blade –, mon sang porté à ébullition – merci Mme Chester –, la pousse inopinée de plantes dans mes orifices les plus personnels – belle performance Mr Jiménez –, l’éclosion d’œufs d’araignées géantes dans les poumons – coup de génie Mr Dalton – et autres serpents dans les intestins – peut mieux faire, Mr Ichihara… Seuls Mme Espada et Mr Toussaint restèrent en retrait, trop occupés à soigner leurs compagnons lorsque mes attaques kinésiques élémentales atteignaient finalement ces derniers – autant dire que quand j’arrivais à en frapper un directement, il n’y survivait pas. Malheureusement pour eux, certes ils parvinrent à m’atteindre plus d’une fois mais comme je guérissais aussi vite qu’ils me blessaient, ils réussirent surtout à m’énerver. 

 

Voix flottante de Caysha : ʺ D’après Fred, ils n’ont pas réussi que ça. Ils t’ont bien ralenti et ont presque réussi à t’immobiliser complètement, en augmentant la gravité autour de toi. ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Oui, j’admets qu’ils étaient plutôt balaises pour des demi-démons mais un sorcier reste un sorcier : de grands pouvoirs qui demandent réflexion et énergie. ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Et ? ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Ben face à une brute super rapide, ils ne font pas long feu. Ils n’étaient pas comme toi ou leurs géniteurs, en combat, ils n’avaient que leurs petits sorts. Ils n’avaient donc ni la dextérité, ni l’énergie nécessaires pour tenir la distance contre moi. ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Et la photo de Franklin où on te voit la tête encastrée dans le sol, droit comme un poteau, avec des fleurs te sortant du pantalon ? ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Tant qu’on ne voit que les fleurs… Pour le planté de tête, c’était un pur accident, j’ai mal calculé ma descente. Et de toute façon, le seul point à retenir, c’est qu’au final, je les ai tous littéralement écrasés, massacrés… ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Mouais, bon, on a compris, t’as gagné quoi. ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Oui, on peut dire ça. Bref… ʺ

 

Vous l’aurez compris, j’ai fini cette altercation dans un sale état mais je vous rassure, dès qu’il n’y eu plus de danger immédiat, Franklin vint me libérer de tous les sortilèges encore actifs qui m’accablaient – j’étais couvert du sang de mes adversaires, ce ne fut donc pas très difficile pour lui. Par ailleurs, même si mes compagnons étaient habitués à constater mes ravages, j’eus quand même droit à quelques félicitations quand ils virent ce qui restait du hall d’accueil de cet immeuble de luxe, après le passage de l’ouragan Vinsen. De mon côté, compte tenu du nombre de pantins d’Enochiens que je savais présents dans ses étages, je  me demandais ce qu’ils attendaient pour attaquer. Je me doutais que Michaël ne m’aurait pas envoyé ceux que je pensais être ses premiers lieutenants, s’il n’avait pas eu d’autres cartes plus puissantes encore, dans sa manche. Et j’en avais des frissons d’avance parce que, sans Caysha à mes côtés, je risquais de vraiment en prendre pour mon grade. Néanmoins, une fois que j’eus repris mon souffle – et mes esprits –, je compris que ce combat n’avait été qu’une diversion. En effet, après un rapide scan des étages, je constatais qu’il n’y avait plus âme qui vive dans le bâtiment.

Pourtant, je persistais à ressentir une présence et en me concentrant à fond, je réalisais de quoi il s’agissait. Un petit malin s’était amusé à disséminer des cheveux de ma pimousse, dans tous les étages, une piste olfactive que seul quelqu’un avec un flair aussi fin que le mien pourrait suivre – appelez-moi Rantanplan… non finalement, oubliez ça. Je n’étais pas dupe, c’était un peu gros comme piège mais heureusement, je n’étais pas venu seul. Par télépathie – en territoire ennemi, on ne sait jamais qui peut vous écouter –, j’avais convenu d’un plan de secours avec mon beau-frère et le reste de notre équipe, puis, tandis qu’ils se positionnaient, je suis parti suivre la fameuse piste. Celle-ci me mena tout droit dans un cul-de-sac, au troisième sous-sol. J’ai donc défoncé le mur, ouvrant une brèche sur un labo de magie, très similaire à celui de ma femme, au repère. En y pénétrant, j’ai malencontreusement marché dans un cercle magique, qui se mit à briller – oui, encore. Azraël et celle qui ne pouvait être qu’Urielle, sortirent alors d’un portail dimensionnel, en riant à gorge déployée. Dès mon arrivée, ils m’avaient observé depuis un plan astral parallèle, attendant le bon moment pour se dévoiler – nouvelle surprise : les Enochiens aussi, utilisaient les dimensions parallèles. Et maintenant qu’ils me pensaient à leur merci, ils commencèrent à se pavaner devant moi, comme s’ils avaient été les rois du monde.

C’est là que la dame-arbre, à la permanente façon saule pleureur, aux feuilles dorées, vêtue en infirmière pin-up et maquillée comme un camion volé – oui, je vous l’accorde, le mélange était assez bizarre – s’engagea dans ce que je qualifierai volontiers de ʺ parade amoureuse de la savante folle ʺ. Elle se dandina comme un dindon, caressant le visage de l’autre taré blessé, à la manière d’une chanteuse de cabaret faisant du gringue à son auditoire. Puis, après plusieurs dizaine de secondes, elle me lança froidement :

ʺ Alors comme ça tu es venu chercher ta petite femme ? C’est désolant, encore une brute sans cervelle ! ʺ

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