Chap 6 : La septième – épisode 3 – Extrait

Enfin bref, après une interminable attente, ils tentèrent une percée par téléportation, ce qui les conduisit directement dans nos bras. C’est à ce moment que Luc reconnut leur meneur : c’était Hénoch, le prophète complètement allumé de la belle Gaïa – dans le même style que les autres à part la robe de bure dorée, les sandales dans le même ton et une étonnante chevelure en pissenlits bleus. Honnêtement, quand cette première vague s’abattit sur nous, toute ma colère, accumulée ces derniers mois, m’envahit et je me suis alors mis à littéralement balayer tous ceux qui se présentèrent devant moi, sans égard pour leur côté marionnette. Ce faisant, j’ai malencontreusement obligé ma femme à faire des efforts considérables pour ne pas me perdre dans cette foule et me permettre de bénéficier de son immunité magique, par contact. D’un autre côté, entre mon tatouage magique et sa tendance à découper tous ceux qui nous entouraient, elle n’avait aucun mal à faire gicler leur sang pour me libérer du peu de sortilèges inédits qui parvinrent à m’atteindre – et pour gicler, vous pouvez me croire, ça giclait de partout.

En plus, comme vous devez déjà vous en douter, les demi-anges furent loin de faire le poids, contrairement à leurs géniteurs. Ma pimousse, tout comme Luc, s’est donc presque exclusivement cantonnée à user de son arme et garda ses ressources magiques pour le véritable ennemi en ces lieux,  j’ai nommé, tête de pissenlits. Ben oui, il faut avouer qu’une grande majorité de nos adversaires faisaient vraiment figure de chair à canon ambulante, tant leur arsenal magique – ou simplement leur puissance – était limité. Pratiquement tous ne se sont avérés capables que des mêmes sorts d’immobilisation qu’Alfred – contre lesquels j’étais déjà immunisés –, de lancer des boules d’énergie pure ou, pour les plus forts, d’attaquer à coups de projections élémentales – boules de feu, de glace, de foudre… Et seuls quelque uns parvinrent à me rapetisser un bras, me liquéfier un pied ou me faire exploser le flanc – mon tatouage a donc quand même pris quelques couleurs. Toutefois, face à nous, ils ne représentaient que du menu-fretin. Pour preuve, ils eurent beau donner tout ce qu’ils avaient, nous étions les plus forts, et en moins de vingt minutes d’un combat acharné, il n’en restait plus qu’une poignée sur les trois cents que comptait cette première vague. Puis, contre toute attente et malgré l’imminence de sa défaite, plutôt que de s’enfuir, Hénoch et ce qui restait de ses sbires sous influence – les plus puissantes –, se jetèrent à corps perdu dans la bataille, afin d’ouvrir la brèche pour la seconde vague.

Par contre, cette fois, je peux vous dire que les dégâts furent considérables, même si notre repère, lui, était bien sûr toujours intact – c’était marrant d’ailleurs, il ressemblait à une immense bulle de pierre, posée au beau milieu d’un sol éventré de toutes parts. Il faut dire qu’ils n’y sont pas allés de mainmorte. Pour le coup, ils y ont vraiment mis tout leur cœur, l’Enochien fou en tête, rassemblant toutes leurs forces en une énorme vague d’énergie multidirectionnelle. Celle-ci fit littéralement exploser notre sas, tout comme les alentours non magiquement protégés par le bouclier de notre planque. En conséquence, sur des kilomètres, le désert n’était plus qu’un vaste champ de gravas, aussi gros que des maisons. Leur attaque fut si puissante qu’elle les a même anéantis sur le coup, au point qu’il ne restait presque plus rien de leurs corps, à part quelques morceaux carbonisés ici et là. Heureusement pour nous, Caysha les vit venir et en joignant ses forces aux miennes, nous protégea dans une bulle magique, Luc, elle et moi. C’est alors que nous vîmes la seconde vague débarquer, avant même que les restes encore fumant de leurs prédécesseurs n’aient eu le temps de refroidir – quelle bande de sans-cœurs !

Ce fut l’occasion de découvrir le visage du frère de Luc, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était du genre massif, le bestiau. Ah, ça, un beau bébé Enochien, haut d’au moins deux mètres et demi, solide comme un chêne, large d’épaules et aux muscles nervurés, saillants. Et contrairement aux autres, son visage était dur, carré, balafré sur l’œil gauche et ses cheveux étaient constitués de lichen rouge vif. Son armure impressionnante, semblable à celle du dénommé Azraël mais semblant plus solide, renforçait aussi beaucoup son image de guerrier redoutable, surtout qu’à la place du gantelet, lui portait deux grandes épées dans le dos. D’ailleurs, nous constatâmes vite que sa ʺ petite ʺ armée aussi n’avait rien à voir ou presque avec celle menée par l’Enochien en robe dorée. En effet, ce fier guerrier aux épées flamboyantes était à la tête d’au moins trois mille nouveaux pantins et non des moindres. Je peux donc vous assurer que le combat qui s’ensuivit fut plus qu’épique car cette marée de demi-démons, tous plus puissants les uns que les autres, en plus, nous est littéralement tombée dessus, à la vitesse d’un missile. Et cette fois, plus moyen de s’en tirer sans utiliser toutes nos ressources. Ces demi-anges là étaient tous aussi forts que ceux qui venaient de donner leur vie donc même s’ils ne rivalisaient pas avec leurs géniteurs, vu leur nombre, ils nous obligèrent à employer les grands moyens. Du coup, comme dans le désert de Gobi, ma sorcière et moi dûmes coordonner nos efforts pour maximiser nos attaques et toujours rester en contact, afin de bénéficier des forces de l’autre et pallier nos faiblesses.

 

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