Chap 6 : La septième – épisode 2 – Extrait

Jusqu’à présent, les Enochiens s’étaient bien gardés de nous affronter en personne et quelque part, ça nous arrangeait bien. Mais, à n’en pas douter, ça n’allait pas durer. Le fait est que j’allais devoir jumeler mes pouvoirs avec ceux de ma femme pour lancer mon appel mondial et bien sûr, c’était justement le genre de détails qui ne pouvait leur échapper. Donc, pour des raisons de sécurité, dès la veille, nous ne permîmes plus à personne de sortir du repère, jusqu’à nouvel ordre, à part ceux qui allaient participer à notre opération. Et ma sorcière étendit même le sort de protection de sa planque, de sorte qu’il s’applique à tous ceux qu’elle abritait et pas seulement aux murs et aux galeries, pour être sûre qu’en cas d’attaque, personne ne puisse être blessé. Il faut dire que depuis nos retrouvailles, elle organisait deux à trois attaques par jour pour récupérer de plus en plus de féroces démons et renforcer son bouclier avec leur énergie – je ne vous raconte pas les ravages dans les centres de détention, ça commençait même à nous faire remarquer du monde humain. En parlant de ces monstres, je peux vous assurer qu’ils préféraient largement notre traitement à celui des prisons d’HECATE et Luc leur avait même fait miroiter leur liberté post 18 juin, s’ils se tenaient tranquilles – sur ce point, je n’étais pas très chaud mais bon…

Tout ça pour dire qu’en fin de matinée, ce dimanche 10 juin, ma dame et moi nous sommes positionnés sur le toit du pôle parisien d’HECATE, à la vue de tous, pour lancer mes ordres. Nous partageâmes alors nos pouvoirs, afin d’augmenter mon rayon d’action, et comme nous n’avions pas usé de cette technique depuis un moment, quand je me suis révélé capable de communiquer simultanément avec chaque être vivant sur la planète, je n’en suis pas revenu. J’ai donc imposé ma volonté au monde, en un temps record, et moins de cinq minutes plus tard, devinez donc qui nous voyions débarquer en volant ?  Eh oui, trois Enochiens du plus bel effet. Le plus surprenant c’est qu’ils furent bien plus rapides à nous repérer que les gardes du parking, juste en bas de l’immeuble. Par contre, dès que ces derniers nous virent, ils lancèrent un de ces branlebas de combat, je ne vous dis que ça. Enfin bon, grâce aux talismans astéraux que nous avions récupérés, Caysha connaissait le visage du dénommé Raphaël, dont elle m’avait rapporté le signalement. Nous n’eûmes donc aucune difficulté à le reconnaître parmi les trois qui se dirigeaient vers nous. En revanche, les deux autres, inconnus au bataillon. Evidemment, en nous voyant côte à côte sans que je me transforme en lycan, ils comprirent tout de suite que nous nous étions libérés du sortilège d’Alfred, mais n’en eurent pas l’air surpris pour autant – inquiétant n’est-ce pas ? Bon, d’un autre côté, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour additionner deux et deux, surtout pour ceux qui le savaient à l’origine de cette foutue malédiction…

Quoi qu’il en soit, nous avions quand même de quoi être satisfaits, nous avions réussi à les faire se dévoiler, ce qui n’était absolument pas garanti – s’en était même étonnant compte tenu du nombre de sbires à leur disposition. Et tandis qu’ils arrivaient à toute vitesse, j’eus le déplaisir de voir en direct à quoi ils ressemblaient vraiment : de grands gaillards tout maigres, avec des cheveux en forme d’arbustes, des oreilles pointues, la peau bleutée blafarde et de grands yeux verts sans pupille. Curieusement, ils avaient des visages plutôt avenants et s’ils n’avaient pas été si émaciés par la famine, ils auraient même pu être qualifiés de beaux. Leurs vêtements, par contre, étaient on ne peut plus normaux – très élégants, mais normaux –, à l’exception d’un des trois qui portait une sorte d’armure légère, équipée d’un gantelet griffus lui couvrant tout le bras droit. Seulement, vous comprendrez que je n’ai pas pu m’appesantir bien longtemps sur leur look, dans la mesure où ils nous attaquèrent sans sommation, une fois arrivés à moins de cent mètres de nous. Ils nous envoyèrent de ces déferlantes d’énergie concentrée – des vagues dont vous ne voyez que l’onde dans l’air mais qui, à l’impact, sont dévastatrices ! Nous avons vraiment été surpris, pour le coup. Non, je vous jure, nous les savions puissants mais pas à ce point-là – Luc nous avait pourtant prévenus. Plus précisément, leur puissance était telle que nous avons eu du mal à limiter les dommages collatéraux et d’entrée de jeu, nous perdîmes une partie des deux premiers étages d’HECATE – je vous rassure, la plupart des agents étaient déjà sur le parking.

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