Chimères

La saga des éternels

Chap 6 : Abus de faiblesses – épisode 4 – Extrait

Avant de partir avec son dernier chargement, le géant vint une dernière fois voir ma sorcière mais cette fois, resta derrière la grille de sa cellule. Ce fut là que d’un ton satisfait, il lui dit :

ʺ J’imagine que tu sais déjà ce qui se passe. Comme tu t’en doutes, je n’en ai pas terminé avec toi, mais je te promets qu’à mon retour, nous repartirons sur de meilleures bases. En attendant, je te laisse entre de bonnes mains, profite bien de ce répit parce qu’après, ce sera une toute autre histoire. ʺ

Ce monstre savait que son répit allait être de courte durée car sans source d’énergie, son manque allait la faire agoniser comme jamais. Surtout qu’il ne prit pas non plus la peine de remplacer le brassard anesthésiant qu’elle portait. Il avait visiblement tout calculé pour optimiser le calvaire de ma pimousse et celui de son ancien équipage, par la même occasion. Par pur dépit, il s’apprêtait à condamner tous ses hommes à une mort certaine, tout comme, juste pour les dévaliser, il avait massacré des centaines de ʺ surichèvres ʺ. Et ce fut donc en arborant un large sourire de satisfaction que, sur ces mots, il disparut.

Par la suite, malgré leur envie de revanche, aucun pirate ne tenta quoi que ce soit contre Caysha – ils en avaient beaucoup trop peur. En conséquence, elle passa simplement les heures suivantes allongée sur sa banquette tordue, à les écouter s’affairer à réparer le vaisseau, que sa petite vendetta ʺ zombiesque ʺ avait laissé pour épave – pour sa défense, ce vaisseau n’était déjà pas de première jeunesse. Au bout de deux jours, son manque énergétique commença à se faire très douloureusement sentir et dès le troisième, le sédatif de son brassard n’atténuait déjà plus du tout sa souffrance. Comme à chaque fois, son manque affecta aussi son environnement. Ainsi, en même pas quatre jours, tout ce qui nécessitait de l’énergie pour fonctionner autour d’elle commença à défaillir. Ça allait de la grille électrifiée de sa cellule à l’éclairage de sécurité du poste de garde, désormais déserté. En moins d’une semaine, plus rien ne fonctionnait dans un rayon de vingt mètres autour d’elle, que ce soit à son étage, celui du dessus ou celui d’en dessous, et tout le métal, de sa cellule au poste de garde, était comme pourris d’oxydation du sol au plafond. L’équipage comprit assez vite que leur capitaine les avait – encore – trahis, les piégeant dans une boite de conserve en panne, en compagnie d’une éternelle impossible à rassasier.

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