Chap 6 : Abus de faiblesses – épisode 3 – Extrait

Evidemment, le grand bleu était loin d’être pressé de redonner l’énergie dont ma sorcière avait besoin pour se rétablir – tu m’étonnes. Il dut pourtant s’y résoudre quand l’odeur de sa chair à l’air libre commença à redonner des envies à certains de ses membres d’équipage. Ils en avaient mangé et ça les avait rendus malades mais, tout comme les ʺ sirènes chats ʺ, ils en étaient devenus accros dès la première bouchée. Du coup, quand Vagabond s’absenta quelques heures pour aller chercher de l’eau et des vivres, via sa propre mini-planète à la Croisée Des Chemins, certains téméraires – suicidaires –, bravèrent ses consignes et tentèrent de se frayer un passage jusqu’à Caysha. Il avait bien anticipé la manœuvre, plaçant Lornix et plusieurs autres pirates, spécialement choisis pour leur résistance psychologique et leur efficacité en combat, entre elle et les mutins. Mais devant le nombre, une petite trentaine, et malgré leur talent, quelques malchanceux parvinrent quand même à arriver jusqu’à elle. En tout, neuf réussirent à atteindre la petite pièce tant convoitée mais malheureusement pour eux, la pression du manque énergétique de son occupante était si forte que sept s’évanouirent avant même la grille de sa cellule franchie. Les deux plus résistants réussirent à braver cette pression jusqu’à lui toucher son avant-bras squelettique mais, à peine le contact physique établit, ils s’écroulèrent, raides morts. Leur énergie permit à ma femme de se régénérer partiellement et de se lever, pour achever les sept autres gisants les uns sur les autres, au sol. Et finalement, quand Lornix eut terminé de mâter le gros des mutins et qu’il débarqua pour finir le boulot avec les neuf ʺ chanceux ʺ, il n’y avait plus rien à récupérer à part des momies desséchées, amoncelées aux pieds de ma femme, qui elle, attendait sagement assise sur sa banquette déformée.

La pression de son manque énergétique était encore palpable mais supportable et ma pimousse, elle, paraissait complètement régénérée. Elle s’efforçait même d’arborer un large sourire satisfait, tout en jouant avec les chaînes attachées à ses poignets. On aurait dit le fantôme d’une petite fille espiègle, avec son teint pâle, ses cernes ultra marqués et les traces des mutilations de son ravisseur, zébrant son corps nu sous son poncho blanc, maculé de sang séché. Elle regardait tranquillement son geôlier droit dans les yeux même si lui, visiblement, n’en croyait pas les siens. Avec une expression d’effroi, il demanda alors à ses compagnons d’évacuer les corps, de les exposer au reste de l’équipage pour dissuader les autres candidats au suicide et s’empressa de tout nettoyer, comme la première fois, pour qu’il n’y ait pas d’autres incidents. Et quand Vagabond revint, Caysha eut droit à une autre visite ʺ d’explications ʺ, seulement cette fois, il franchit une limite que ma femme, même si elle avait envisagé qu’il puisse en arriver là, eut beaucoup de mal à encaisser.

En fait, il commença par déménager tout le monde dans un rayon de vingt mètres autour de sa cellule, puis fit verrouiller hermétiquement toutes les entrées qui menaient à son compartiment.

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