Chap 6 : Abus de faiblesses – épisode 1 – Extrait

Quand Caysha commença à reprendre doucement connaissance, je me rendis compte que ma présence à ses côtés était complètement virtuelle. Je la voyais, je la ressentais mais j’étais incapable de lui parler ou de lui manifester ma présence de quelque manière que ce soit. En fait, ce que je percevais, c’était ses ressentis à elle, comme si j’étais prisonnier à l’intérieur de sa tête et ma vision subjective de sa personne tenait plus de la visualisation mémorielle que de la véritable perception visuelle. Après tout, mon propre corps était en train de dériver quelque part dans l’espace, à je ne sais quelle distance d’elle, c’était donc finalement assez ʺ normal ʺ que j’en sois réduit à ma seule conscience, comme un fantôme s’accrochant à ce qu’il a de plus cher. Malheureusement, pour cette raison, malgré mon impression de me trouver à côté d’elle, je ne remarquais le casque qu’elle avait sur la tête et les entraves qu’elle portait aux mains et aux pieds que quand elle-même s’en rendit compte. Idem, elle sentait bien que j’étais là mais n’en était pas vraiment sûre, un peu comme une impression persistante. Cette situation me rappela nos débuts – à moins que ce soit elle qui s’en soit souvenue –, quand nous apprenions encore à maîtriser la télépathie et que des pensées vagabondes venaient parasiter nos conversations. Sauf que cette fois, je n’avais que ça : un brouhaha de pensées vagabondes, avec quelques pensées cohérentes perdues au milieu, et l’impression d’être immergé en elle, comme si nos subconscients respectifs avaient fusionné. En un mot, c’était le bazar dans sa tête.

Les effets de la substance que son kidnappeur lui avait injectée se dissipant progressivement, elle commença à retrouver quelques sensations et avec elles, un début de migraine alors qu’elle luttait encore pour ouvrir les yeux. Intellectuellement, elle ne tombe jamais vraiment inconsciente, quelle que soit la puissance du sédatif utilisé sur elle et ce, même si le ʺ sédatif ʺ en question se résume à un bon gros coup sur sa tête. Par contre, son corps lui, peut être complètement anesthésié. J’étais donc en train de voir ce que Caysha elle-même voyait quand elle était droguée et ce faisant, en train de percevoir la migraine qui grandissait en elle à mesure qu’elle se réveillait. Elle peinait toujours à soulever les paupières quand elle porta la main à sa tête et réalisa à la fois qu’elle était enchaînée et qu’elle portait une sorte de casque. Au bout de quelques minutes, elle parvint enfin à ouvrir les yeux et à se redresser péniblement sur sa banquette, malgré l’engourdissement et son mal de tête croissant, visiblement provoqué par le fameux casque. Ce dispositif, qui au touché formait une croix métallique reliant ses tempes, sa nuque et le haut de son nez, était littéralement fixé sur sa tête, au moyen de longues aiguilles souples, implantées si profondément que ma sorcière eut vite l’impression d’avoir une pelote d’épingles à la place du cerveau. Et comme son squelette est indestructible, comme le mien, les aiguilles devaient être sacrément longues pour pouvoir contourner son crâne.

Encore assez désorientée, elle chercha d’abord à savoir où elle se trouvait, sans succomber à la nausée montante, mais sa migraine devenait de plus en plus vive à mesure qu’elle émergeait. Heureusement pour elle, la pièce dans laquelle elle était enfermée était très sombre car une forte lumière aurait rendu son mal encore plus insupportable. Au bout d’un moment, elle s’aperçut que la douleur était provoquée non seulement par le traumatisme d’avoir un casque littéralement rivé sur sa tête mais aussi, par les aiguilles elles-mêmes, qui envoyaient de petites décharges électriques à chaque fois qu’elle essayait de réfléchir. Pour elle, l’utilisation de son savoir universel était devenu tellement systématique et naturelle que c’était limite inconscient…

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