Chimères

La saga des éternels

Chap 5 : Rivalités – épisode 5 – Extrait

Nous retrouvâmes notre géant bleu à la même table, en pleine discussion avec un de ses membres d’équipage. Ce second personnage, aux allures de baroudeur de l’espace, à l’inverse de son maître, était plutôt du genre effacé et répondait au nom de Lornix. Il était aussi grand que moi, dans les deux mètres donc, avait presque un visage humanoïde, blanc pâle, mais sans nez et oreilles, remplacées par de petites fentes. Il avait également de petits yeux noirs en demi-lune horizontale, sans paupière ni sourcils, et un crâne en forme de ballon de rugby vertical – un vrai crâne d’œuf pour le coup –, surmonté d’une touffe de cheveux noirs. Sa bouche était petite, sans lèvres et laissait entrevoir de fines dents pointues quand il parlait. Il était du genre sec mais musclé, avec deux bras longs et fins, superposés les uns sous les autres de chaque côté, et un corps de salamandre bipède, qui se tiendrait debout. D’ailleurs, quand il s’asseyait ce n’était pas sur une chaise ou un banc, c’était sur sa puissante et épaisse queue de lézard. Il était vêtu de la même façon que vagabond, avec un long manteau à large capuche, ouvert sur le devant et laissant apparaître un ensemble fait de similicuir noir avec des bottes épaisses et assorties. Quand nous arrivâmes à leur hauteur, Thénos et moi, toujours déguisés, resaluâmes notre nouvel ʺ ami ʺ et lui fîmes part de notre décision. Vagabond en fut enchanté et nous invita à le suivre sur son vaisseau, afin de peaufiner les détails. Laissant Lornix sur place, nous l’accompagnâmes donc dehors, pour rejoindre ce qui ressemblait à une raie Manta mécanique géante. L’engin, visiblement vétuste et de couleur grise, comme délavé par endroits, faisait bien cent-vingt mètres de large sur cinquante de haut et avait une bosse ovoïde au dessus de la ʺ tête ʺ, comme si cette raie spatiale portait un casque de chantier.

Les températures extérieures frisaient les moins deux-cents degrés Celsius et je peux vous dire que même Thénos, malgré son côté yéti magique, n’aurait pu franchir les cent mètres séparant la porte du relais et le vaisseau de Vagabond, sans sa combinaison, planquée sous ses vêtements, et son casque à oxygène, adapté à sa nouvelle tête de criquet. Sous le dôme, l’atmosphère était respirable et la température supportable, voire même un peu trop chaude, mais dehors, il n’y avait que du froid et encore du froid. Moi par contre, j’ai enfin pu gouter au bénéfice de mes mutations adaptatives. Eh oui, non seulement j’ai pu me passer de respirer tout le temps du trajet à pied mais en plus, je n’ai même pas frissonné, alors que j’avais encore ma tête d’oiseau zombie, une créature qui n’est pas censée résister à ce genre de températures. Vagabond, lui, couvrit juste sa tête avec sa capuche et ne sembla pas non plus souffrir du froid ou de l’absence d’oxygène. Quoi qu’il en soit, une fois franchit le sas d’entrée de la raie Manta spatiale, nous suivîmes notre hôte à travers un dédale de pièces et couloirs, tous de métal crasseux et usé et illuminés par des plafonniers circulaires. Je dois dire que le chemin était assez encombré. C’est bien simple, il n’y avait pas un coin sans une caisse, des outils en tous genres ou du matériel électronique, trainant sur le sol. Finalement, au terme de cette petite balade, nous arrivâmes à ce que notre géant nous présenta comme sa ʺ salle de réunion ʺ, soit une pièce d’environ vingt mètres carrés, avec en son milieu, une table et des bancs métalliques fixés au sol.

Durant tout le trajet, nous ne croisâmes personne bien que je sentis plus d’une centaine d’âmes s’affairer dans les entrailles de cette carcasse volante d’un autre âge. Une fois installés, notre hôte nous invita à reprendre notre vraie forme et à faire venir tous les intervenants de cette mission. Quelques secondes plus tard, débarqua alors notre équipage, à l’exception de Clara, la vampire, restée en arrière pour surveiller notre situation et prendre soin des deux extraterrestres que nous avions enlevés. Vagabond fut à peine surpris de découvrir mon visage humain, ou celui de mes autres compagnons, par contre, dès que ses yeux croisèrent ceux de Caysha, ils s’illuminèrent aussitôt.

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