Chap 5 : Rivalités – épisode 1 – Extrait

Tout compte fait, il nous aura fallu environ huit mois pour faire le tour de notre premier trou noir et presque cinq ans pour en trouver un véritablement prometteur. Pour tout vous dire, le programme d’explorations s’intégra tellement à notre quotidien, qu’on fit même coïncider les retours de missions avec nos cycles lunaires artificiels, à bord d’Ouranos, pour que les recrues garous ne loupent qu’une seule nuit de transformation et non deux. Ah ça, on s’est vite rendu compte à quel point ça pouvait les rendre irascibles, migraineuses et parfois même, complètement excentriques, quand leur rythme biologique n’était pas respecté – vous imaginez alors le calvaire sur le vaisseau conservateur. Bon, je ne vais pas vous la faire à l’envers, même si ça nous servit d’excuse pour en partie expliquer l’attitude de mon beau-frère, durant ses neuf premières semaines de mission, je pense que vous avez déjà compris qu’il n’a jamais vraiment eu besoin de ça pour se faire remarquer – loin de là. Je dirais même que lui et son meilleur ami Mat avaient un don naturel pour pousser les gens à bout car, question excentricités et maladresses, personne ne leur arrivait à la cheville. Toutefois, je vous rassure, malgré leur inventivité en matière de boulettes dignes des ʺ Darwin Awards ʺ, ils restèrent d’éternels seconds derrière Caysha et moi puisque, quoi qu’ils fassent, nos erreurs avaient toujours plus d’impact sur les ouranautes que les leurs – la rançon du succès. D’ailleurs, comme vous devez vous en douter, ma pimousse avait raison lorsqu’elle prédit que notre aventure chez les ʺ poissons-chats ʺ n’allait pas être notre dernier mauvais jugement. A dire vrai, même après plus de dix-sept ans d’exil, nous n’en étions encore qu’aux prémices de notre périple spatial.

Pour résumer, en cinq ans d’Open Space, nous découvrîmes près de deux-cent-six planètes habitées, avec, comme vous le savez, plus ou moins de succès dans leur exploration. Notez quand même, qu’au fil de nos pérégrinations, nous nous améliorions. Non, vraiment, certaines de nos rencontres se passèrent même si bien, qu’il nous est arrivé d’offrir un intercom à certaines d’entre elles, histoire de garder le contact. Bon, sur les deux-cent-six mondes extraterrestres, nous n’avons finalement offert que dix-sept intercoms mais c’était déjà ça, on va dire. Il faut savoir que le respect d’autrui, la solidarité, ou même une paix durable sont des concepts totalement abstraits – pour ne pas dire incongrus – dans bon nombre de mondes, alors même que l’égocentrisme, l’avidité, voire la cruauté par habitude ou tradition sont monnaie courante. En fait, le plus frustrant fut de découvrir que nos congénères conservateurs, à bord de leur vaisseau poubelle, étaient finalement plus en phase avec la plupart de ces sociétés extraterrestres que nous, pauvres petits pourvoyeurs de pensées positives. Si vous ajoutez à cela que les nouvelles formes de vies découvertes ont toutes évolué en suivant des schémas équivalents aux nôtres, sans même parler du petit pourcentage d’ADN qu’elles ont en commun avec nous, quelle que soit leur distance par rapport à feue notre Terre, et vous comprendrez d’autant notre indignation. C’est vrai, après tout, si nous avions pu arriver à la conclusion que pour vivre heureux et en paix, il faut que tout le monde se respecte, pourquoi pas elles ? A croire que le côté parasite invasif de la vie elle-même les empêche de voir qu’il est possible d’atteindre un équilibre, en dépassant simplement notre tendance à vouloir supplanter toute autre espèce que la nôtre – pour ne pas dire tout autre individu, au sein même d’une même espèce.

Enfin, on pouvait donner des leçons à l’extérieur, il n’empêche qu’on avait toujours notre petit pourcentage d’irréductibles réfractaires à nos valeurs, au sein même d’Ouranos. Heureusement, avec la généralisation de l’usage de la magie à bord, qui accompagna la reproduction et la diffusion de très nombreux objets magiques, d’origine terrienne ou extraterrestre, la plupart d’entre eux se laissa peu à peu séduire par l’enthousiasme ambiant pour une toute nouvelle mode : le transhumanisme magique – on les a eus à l’usure…

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