Chap 5 : La mutine – épisode 1 – Extrait

Le mois de mai ne vit pas juste arriver les beaux jours. Du fait des événements récents, tous les membres du conseil vinrent prêter main-forte au pôle parisien d’HECATE – et nous surveiller par la même occasion. Honnêtement, qu’ils soient là ou pas, c’était pareil pour moi tant j’étais concentré sur mes efforts pour retrouver ma femme, mon beau-frère et nos amis – oui, dans cet ordre. Dans ce but, j’avais mis tous ceux que nous connaissions sous surveillance, jusqu’à leurs familles et connaissances. En parlant de ça, quand j’ai interrogé Mégane, la femme de Fred, et ses enfants, j’eus la surprise d’apprendre que celui-ci leur avait déjà tout raconté. Il leur avait aussi demandés de rester avec leur grand-mère pour que la famille soit réunie le 18 juin et par ce biais, plus facile à protéger. C’était pertinent de sa part, je décidais donc de faire de même de mon côté. J’ai alors convaincu mes parents et ma sœur de venir loger chez la mère de Caysha, avec laquelle ils s’entendaient tous très bien. Ma belle-mère, en bonne matriarche, fut d’ailleurs trop heureuse de se retrouver au centre de ce rassemblement et comme ses sœurs et elle possédaient presque tout le pâté de maisons, il y eut bien assez de place pour tout le monde. Mes parents débarquèrent donc deux jours plus tard puis Scylla, ma petite sœur, le lendemain.

Je ne vous le cacherai pas, malgré la bonne ambiance, nous étions tous très inquiets pour Caysha et Fred. En fait, avant de disparaître, les jumeaux étaient venus saluer leur mère et lui donner leurs instructions. Du coup, quand celle-ci découvrit sa fille comme elle ne l’avait jamais vue, à la fois sombre et mystérieuse, elle eut beaucoup de mal à la laisser repartir avec son frère mais, à ce que j’ai compris, ils ne lui donnèrent pas vraiment le choix. Surtout que ma pimousse portait toujours les marques de mes coups et devait donc faire encore peine à voir. Je vous l’ai dit, en temps normal, elle parlait à sa mère presque tous les jours, par conséquent, vous comprendrez que la voir débarquer dans cet état avec pour seule explication, le fait qu’elle était désormais éternelle et que la fin du monde était sur nous, ce fut un peu dur à avaler pour ma belle-mère. Quant à moi, je ne voulais pas en rajouter une couche mais il fallait absolument que tout mon petit monde comprenne que l’heure était grave et que sans ma femme, je ne pourrais pas faire grand-chose. J’avais donc besoin que la famille se serre les coudes et qu’ils n’hésitent pas à m’avertir à la minute où les jumeaux redonneraient signe de vie.

Franchement, cette seconde semaine de mai marqua le début d’une période que je qualifierais de ʺ flottements ʺ. En dehors de la disparition de Caysha et de nos amis, et bien sûr, du problème polynésien, côté surnaturel, c’était le calme plat – comme avant la tempête. Même au niveau des conditions climatiques globales ou des perturbations géopolitiques humaines, il semblait y avoir une sorte d’accalmie. Je vous rassure, ce n’était pas non plus les vacances – faut pas pousser. On avait encore pas mal de monde à interroger, suites aux derniers gros coups de filet, et la réorganisation de la ʺ petite menace ʺ à peaufiner, en attendant que le vaccin anti-garou soit prêt à être distribué, donc bon… Mais je dois admettre que, du fait de ce ralentissement d’activités, la plupart de nos ressources purent être mobilisées pour retrouver ma rebelle d’épouse et tenter de résoudre le mystère de la prison magique polynésienne. D’ailleurs, pour ce qui fut de cette fameuse prison, même avec les meilleurs experts en sorcellerie à notre disposition, nous nous cassâmes les dents dessus durant des semaines et perdîmes même plusieurs collaborateurs, lors de nos différentes tentatives pour forcer l’entrée. Comme David, Franklin et Pi, une bonne dizaine de courageux sorciers vinrent grossir les rangs des prisonniers de ce piège à ciel ouvert, avant que Mme Kim, la dame gobelin du pôle hongkongais, ne se décide à prendre les choses en main, personnellement. Toutefois, même elle dût faire preuve de persévérance avant d’obtenir un quelconque résultat – et seulement après avoir reçu un mystérieux ʺ petit ʺ coup de main. Le seul point positif fut donc que j’entendais encore David et ses compagnons d’infortune qui, apparemment, se heurtaient régulièrement à leurs geôliers dans leurs efforts de rébellion.

Bref, vers le 12 mai, comme je n’arrivais toujours à rien concernant ma femme et que je n’étais d’aucune utilité pour mes amis prisonniers, je décidais de convoquer la dernière personne que je voulais voir dans un moment pareil : Luc. Je pressentais qu’il était toujours en contact avec Caysha et comme sa disparition coïncidait avec le début de l’accalmie généralisée du monde magique, je me disais que peut-être, il allait pouvoir me donner des infos sur ce qui était en train de se tramer – lui qui semblait toujours au courant de tout. C’était louche que l’activité se calme d’un coup alors même que l’annonce de l’apocalypse avait fait sortir tous les lapins démoniaques de leurs terriers, durant des mois. Pourquoi cette timidité soudaine ? Malheureusement, le seul que je savais capable de répondre à cette question était aussi celui que je considérais alors comme, soyons directs, un vrai sale con. Pour ma défense, à l’époque, je n’étais pas le seul qu’il indisposait parce que même Alfred, son propre fils, moins il le voyait, mieux il se portait. Néanmoins, ʺ pauvreté ne laissant point liberté de choix ʺ, j’ai donc reçu notre ténébreux démon en début d’après-midi, ce samedi-là, et le rouquin cornu assista même à la rencontre sans – trop – perdre son calme.

 

Pour télécharger l’intégralité de l’ouvrage, rendez-vous ici.

Votre panier

Votre panier est vide

Abonnez-vous à notre newsletter

Nos liens partenaires

Si vous aimez nos designs :
scas productions

Si vous voulez acheter d'autres trucs cools :
soazetline

Le blog des petits poètes de l'apocalypse :
ragnavox