Chap 4 : Compagnons d’âmes – épisode 5 – Extrait

Outre cette plaie sanguinolente de roche en fusion sur tout le pourtour de l’équateur, cette planète abritait deux espèces aquatiques dominantes. La première, un habile mélange entre le mégalodon, ce gargantuesque ancêtre de notre grand requin blanc, qui n’est finalement pas éteint puisqu’on en a ramassé dans nos miniatures, et un orque d’une vingtaine de mètres de long, pour plusieurs tonnes de bestiaux, régnait en maîtresse incontestée sur les eaux du nord. Ceux que sur Terre nous aurions qualifiés d’animaux, étaient en fait de puissants démons, très intelligents, se nourrissant principalement de l’énergie du pouvoir qu’ils exerçaient sur le reste de la faune et de la flore de leur territoire, sans partage, donc, et avec une rare efficacité. De l’autre côté, nous avions une espèce à peine plus petite mais tout aussi intelligente, également d’origine magique, et qui ressemblait à nos sirènes, mais en moins joli quand même. Leur physique atypique mélangeait une queue de cœlacanthe et un buste ressemblant à celui d’un lézard, aux mains palmées et avec une tête aux traits félins. Leur peau de requin lisse et gélatineuse, comme leurs voisins du nord mais en variantes de bleu et non de gris, arborait des motifs dorés qui rappelaient les premières écritures mésopotamiennes. Eux, par contre, exploitaient le vivant de leur hémisphère de manière plus symbiotique que leurs voisins du nord. Ils se nourrissaient de plantes aquatiques poussant sur les niches écologiques qu’ils entretenaient et protégeaient des retombées volcaniques. De leur côté, la biodiversité était florissante et nos ʺ sirènes-chats ʺ veillaient à ce que l’équilibre inter-espèces soit constamment maintenu.

Bien que séparés, ces deux espèces de géants entretenaient des relations ʺ cordiales ʺ tant que chacune restait sagement de son côté. En effet, du fait de l’activité volcanique intense, il arrivait que certains passages s’ouvrent au travers des montagnes, entre les deux océans, et à chaque fois que cela se produisait, les ʺ orques-requins ʺ tentaient l’incursion en territoire ʺ sirène-chat ʺ, pour essayer d’imposer leur règne sur l’autre hémisphère. Ces épisodes étaient relativement rares mais lors de notre traditionnelle première visite, sur l’une des petites îles, Caysha et moi apprîmes que plusieurs batailles épiques avaient eu lieu au cours des siècles passés et que les rancunes étaient tenaces de part et d’autre de la ceinture. Pour résumer, au nord, nous avions donc l’équivalent de démons du pouvoir, qui sécrétaient une hormone magique, abondamment répandues dans leurs eaux, soumettant ainsi tout organisme entrant en son contact, le rendant immédiatement dépendant et malléable pour ces prédateurs. Seulement voilà, du fait que leur consommation d’énergie épuisait leur garde-manger à mort relativement vite, il fallait le renouveler continuellement, et, dans ces conditions, tout extra de nourriture était le bienvenu – ils étaient du genre vorace, en plus. Vous savez maintenant pourquoi, de l’autre côté, les ʺ sirènes-chats ʺ gardaient jalousement leurs frontières, usant de tous leurs pouvoirs pour que chaque tentative d’invasion soit contenue, parvenant même à empêcher la fameuse hormone magique des ʺ orques-requins ʺ de contaminer leurs eaux. La moindre contagion pouvait contrebalancer le fragile équilibre qu’ils s’efforçaient de maintenir, ils étaient donc particulièrement vigilants. Ça, plus le fait qu’ils n’étaient pas vraiment en accord avec la ʺ politique ʺ de gestion de patrimoine, pratiquée au nord. Chez eux, c’était plus du donnant-donnant.

Mais bon, le principal inconvénient sur ce monde n’était pas ses habitants, c’était que nos compagnons, pour d’évidentes raisons pratiques, ne pouvaient nous suivre dans les plaines abyssales, principaux lieux de résidence de nos deux espèces antagonistes. Du coup, la première prise de contact avec les ʺ locaux ʺ se limita à Caysha et moi – et c’est là que c’est parti en vrille. Notre fameuse mutation adaptative se déroula comme d’habitude et dans l’eau, pour faciliter mes transformations intempestives – oui car, encore une fois, celles de ma femme furent à peine visibles. Ensuite, vous vous doutez bien que, compte-tenu de leur propension à vivre en harmonie avec leur environnement, nous choisîmes d’aller d’abord vers les ʺ sirènes-chats ʺ – première erreur. Pour ce faire, ma sorcière se transforma en vampire, afin de plus avoir besoin respirer, gagner en force et en rapidité, tout en conservant sa forme humaine. 

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