Chap 4 : Compagnons d’âmes – épisode 1 – Extrait

Finalement, suite à cette rapide mise au point, l’exploration des six destinations suivantes, déjà planifiées, reprit de plus belle. Et devinez quoi, en comptant Ephratzistoss et Varvaïnaé, découverts lors des trois premières missions, au total, nous trouvâmes pas moins de sept mondes habités, tous abritant des civilisations complexes, comparables aux nôtres, de la préhistoire à la révolution industrielle – pas mal en seulement neuf missions. Nous pûmes ainsi admirer la richesse de ces cultures extraterrestres, à commencer par leurs architectures, allant de la plus simple à la plus surprenante. Non, vraiment, même en considérant celles inventées par notre imaginaire terrien, des gens vivants dans des bulles de pierre vitrifiée, suspendues à des branches par des filets, dans des arbres de plusieurs hectares d’envergure, personnellement, ça m’a stupéfait, et ce n’est pourtant pas la forme d’habitation la plus bizarre qu’on ait vu. Côté formes de vie, comme chez nous, nous en découvrîmes de toutes sortes et de toutes natures et fîmes de notre mieux pour ne pas interférer avec leur évolution, conformément aux directives de Luc. Etant donné nos dernières expériences dans le domaine, nous nous abstînmes donc de tout contact avec les populations autochtones – au grand dam de ma sœur qui persistait à militer pour notre ouverture –, nous contentant de les observer de loin. Peut-être que si nous avions rencontré des créatures anthropomorphes, comme la majorité d’entre nous, cela aurait changé la donne mais comme ce ne fut pas le cas, nous gardâmes nos distances.

Outre nos escarmouches passées avec les ʺ caméléons velus ʺ de P3XLANDA2 ou les ʺ rats-gorilles ʺ d’Ephratzistoss, il faut savoir que la principale raison qui poussa Luc à nous faire jouer les espions plutôt que les ambassadeurs, était son appréhension d’être responsable d’un bouleversement de civilisation. Après tout, même si c’était désormais évident que des extraterrestres aient visité la Terre par le passé – Zeus, pour commencer –, comment aurions-nous vécu la chose, à l’époque, si ces incursions avaient généré plus que de simples rumeurs ? Notre capitaine nous posait régulièrement cette question, quand il voyait venir notre envie d’échanger des idées avec les populations locales. Surtout quand nous faisions face à des esclavagistes ou autres tortionnaires – ça démange toujours de remettre une brute à la place que nous estimons qu’elle devrait tenir. Il ne se privait pas non plus de nous rappeler que notre conception du droit et de la justice était toute récente et loin de faire l’unanimité au sein de nos propres civilisations – et vu qu’il avait plus de cinq mille ans à ce moment-là, on ne pouvait pas trop rivaliser avec ses arguments. Compte tenu de notre propre histoire, jeter la pierre aux extraterrestres appliquant leur version de la loi du plus fort, même s’ils en abusaient, aurait effectivement été un peu hypocrite de notre part. Il nous força donc à garder l’esprit ouvert et à ne pas juger les mœurs d’autrui, exactement comme l’auraient fait de bons anthropologues ou zoologistes – pas facile, croyez-moi.

Mais bon, malgré tous nos efforts pour garder la tête froide en toutes circonstances, je dois admettre que nous enfreignîmes nos propres règles, plus ou moins volontairement, en diverses occasions – ʺ Super Captain ʺ le premier, d’ailleurs, c’est important de le souligner. En fait, au début du programme, Luc insista pour que chaque membre du commandement d’Ouranos soit à la tête d’au moins deux missions sur les neuf prévues, soit, six semaines consécutives à passer enfermé dans une boite de conserve, avec quinze autres personnes. Fred étant le seul à qui l’on imposa trois missions de suite, pour le punir d’avoir harcelé sa sœur. Je vous laisse donc imaginer l’état de fatigue de la famille à la fin de cette première série d’explorations, sachant qu’en dehors d’eux, aucune autre recrue ne resta plus de trois semaines d’affilées en vadrouille. Même celles de Bébé Crache-Boules, qui assuraient le relais avec Ouranos, firent tourner leurs effectifs par équipes de cinq, afin qu’elles puissent toutes se reposer. Tout ça pour dire que lors du lancement de la deuxième vague, Luc, déjà bien las, fut reconduit pour trois semaines, Fred également et Scylla remplaça Mat à la tête d’une nouvelle équipe à bord de Bébé Poltron. Super Captain en était donc à sa seconde mission quand, la fatigue aidant, il ne put s’empêcher de ʺ partager ʺ sa façon de penser avec une population locale.

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