Chap 3 : Singularités – épisode 3 – Extrait

Une fois notre opération lancée, il nous aura fallu environ six mois pour analyser toutes les données recueillies par les sondes envoyées dans SBH1. Les photographies, les relevés de températures, de radiations… tout fut soigneusement étudié par Caysha, notre équipe d’astronomes et moi. D’ailleurs, elle et moi travaillions dos à dos pour partager son savoir universel et ainsi, aller plus vite dans l’étude des relevés. Ce fut extrêmement fastidieux car, même en évitant les trous de ver débouchant dans des trous noirs super massifs, trop dangereux, ou des nuages de gaz ionisés, sans retour possible, – ce qui réduisit le nombre de destinations viables à quatre-vingt-dix-huit sur les cent-quatre-vingt-deux possibles – nous étudiâmes quand même plus d’un million de clichés et autant de graphiques. Ce qui fit qu’entre ça et les entrainements aux côtés des nouvelles recrues, nous n’eûmes plus une minute à nous durant toute cette période. En plus, comme ma sorcière ne dort plus, pour elle c’était du H vingt-quatre et donc, je me réveillais pour la retrouver directement au travail.

Autant vous dire que quand les collègues nous voyaient disparaître en pause, une heure ou deux, ils savaient tous qu’on n’était pas en train de boire un café – on était le sujet favori de radio-couloirs… Rendez-vous compte, nous eûmes tellement de boulot que notre bureau d’étude fut équipé d’un distributeur d’aspirine et de sodas caféinés, pour ma femme et ses astronomes, dès la seconde semaine. Je précise à qui cet appareil était destiné parce que, pour rappel, les substances actives, à moins d’être magiques, n’ont plus aucun effet sur moi. Enfin bon, quand ma femme prenait un cachet, j’avais au moins la satisfaction de ne plus ressentir son mal de tête en plus du mien – manque de bol, elle, elle ressentait toujours le mien… Quoi qu’il en soit, vous l’aurez compris, ces six mois furent plutôt intenses et donc, à leur terme, nous rendîmes notre rapport complet à Luc, pour qu’il l’étudie avec ses seconds. Nous étions consultants mais pas décisionnaires, c’était au commandement – la famille, quoi – de choisir qu’elle destination prometteuse la première mission allait explorer et vu la taille de notre rapport, son examen allait prendre un certain temps.

De ce fait, pendant leurs délibérations, le programme entier fut mis sur pause. Caysha et moi eûmes donc tout le temps de nous retrouver en tête à tête et de nous rendre compte que, passée l’euphorie des quarante-huit premières heures, presque intégralement occupés dans les bras l’un de l’autre, nous tombâmes vite en mal d’activité. On était resté focalisé tellement longtemps sur nos obligations que la pause fut certes salvatrice, mais aussi très brutale. En fait, on était psychologiquement lessivés, mais nous ne nous en sommes pas rendu compte tout de suite. Non, il a fallu attendre notre troisième jour de permission, un samedi, quand nous décidâmes d’aller aider Tristan, le fils aîné de Fred, de corvée de babysitting avec tous les enfants de la famille.

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