Chap 3 : Cohabitation pacifique ? – épisode 3 – Extrait

Avec tout ça, j’en avais presque oublié mes obligations du jour mais le visage impatient de David, apparut derrière la porte vitrée du labo, fit que notre rouquin me rappela gentiment à l’ordre. Cependant, comme il était hors de question que je laisse ma femme partir à la chasse toute seule, j’ai laissé Alfred expliquer la situation à mon israélien et suis parti avec elle, par téléportation. J’espérais profiter de cette occasion pour tenter de renouer des liens sereins mais, très honnêtement, ce n’était pas gagné – vous aurez pu constater qu’elle est du genre têtue… Mais bon, si elle était parvenue à pardonner le cornu, malgré toutes les vacheries qui lui avait faite pendant notre formation, je n’étais pas non plus une cause perdue – pour ça, il a suffi qu’il prenne partie pour elle, devant la blonde fatale, au sujet des vaccins anti-garous. Enfin bref, en un clin d’œil, nous retournâmes d’abord à la caverne aux moines morts – nouveau record, plus de 500 bornes et en une seule fois –, pour mieux cibler nos questions, mais nous y constatâmes que les corps avaient disparus. Pour qu’un mort lui obéisse, ma nécromancienne a besoin d’être en présence d’un morceau de son corps. Les fantômes seuls n’y sont donc pas contraints et là, sans corps, pas de réponse.

Etrangement, elle ne sembla pas surprise plus que ça de trouver l’endroit vide, comme si elle avait déjà prévu cette éventualité – sans me mettre dans la confidence, bien sûr. Elle décida donc de procéder autrement et nous ramena au QG, après quelques minutes – au silence insoutenable –, pour reprendre son souffle. Arrivés là, malheureusement, Alfred et David nous attendaient accompagnés de Mme Garand. Ils avaient bien essayé de nous couvrir mais comme nous étions constamment surveillés, la directrice fut presqu’immédiatement informée de notre petite désertion. Du coup, même si je n’allais retarder mon planning du jour que de quelques dizaines de minutes – et pour la bonne cause –, elle nous passa un de ces savons ! En fait, quand je vous dis que le sort s’acharnait sur moi, à cette époque, je ne parlais pas uniquement de ma femme. Ma pimousse s’en moquait pas mal de se faire houspiller mais moi, j’avais désormais deux furies sur le dos – et non des moindres. Quoi qu’il en soit, une fois la tempête Véronika passée, ma sorcière me fit brièvement part de son plan B, que nous mîmes à exécution, dans la foulée.

Il était relativement simple, en fait : utiliser les informations laissées par Luc pour faire passer le mot à tous les démons en relation avec les moines Centaures, que nous étions à leur recherche, afin de leur passer commande. Et donc, le temps que je revienne de mission, Caysha avait fini de préparer ses mixtures magiques et les utilisa pour lancer un second sort de rappel, toujours depuis le toit de l’immeuble, mais cette fois-ci, en ciblant uniquement ses ʺ sujets ʺ précités. Elle prit également soin de préciser d’agir discrètement car neuf moines avaient déjà été tués. De mon côté, elle m’aida à amplifier mon signal télépathique pour tenter de contacter directement lesdits moines, puisqu’ils faisaient partie de mon règne – leur nom ʺ Centaures ʺ venant du fait qu’ils se nourrissaient de centaurées, ces fleurs violettes ressemblantes au chardon. Oui, je ne vous l’ai pas dit mais, en me concentrant, je peux en quelques sortes scanner les signaux télépathiques émis par mes ʺ ouailles ʺ autour de moi. Ça me permet de les identifier et de leur parler directement en ne ciblant que telle ou telle personne ou ethnie/espèce/race/…, s’il s’agit de délivrer un message groupé. Toutefois, malgré l’aide de ma femme qui me permit de couvrir un rayon de plus de mille kilomètres – je vous laisse imaginer la migraine –, nos moines aux yeux bleus restèrent introuvables. Peut-être vivaient-ils encore plus loin ou peut-être qu’ils avaient prévu cette éventualité, cette question resta sans réponse et je ressentis enfin ce que ma sorcière vivait quand ses pouvoirs lui faisaient défaut. Ben oui, même son savoir universel ne parvenait pas à dénicher nos cibles donc on était deux à devoir attendre qu’ils viennent vers nous.

Puis, finalement, le lendemain soir, l’information tant convoitée fit son apparition dans l’esprit de Caysha, comme une fenêtre pop up sur un site internet. Visiblement, le sort ou le talisman qui protégeait leur localisation n’était plus actif et elle put donc nous indiquer où les trouver. Seulement, le temps qu’on convainque Mme Garand de dépêcher des équipes sur place, quelque chose ou quelqu’un les avait décimés jusqu’au dernier. Pour décider la cheftaine, nous arguâmes un grand coup de filet sur une espèce de sorciers encore non répertoriée dans la base de données du groupe et qui tuait des humains à tour de bras – notamment, nos dix-huit victimes cantaliennes. Malheureusement, malgré la coordination de nos efforts à travers le monde, qui fut lancée dès ce mercredi matin, les seize colonies réparties sur les cinq continents avaient déjà été littéralement annihilées, avec une précision chirurgicale. Ma pimousse et moi accompagnâmes même nos gars dépêchés dans la profonde caverne du Massif Central, là où la colonie la plus proche avait son fief. Mais, comme pour nos collègues à l’étranger, tout ce que nous y trouvâmes fut des tas de cadavres carbonisés, empilés les uns sur les autres. On distinguait encore les formes des corps par endroits mais un courant d’air suffisait à ce que le tas de cendres s’effondre sur lui-même, comme s’il s’agissait de vampires.

 

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