Chap 2 : Humilité – épisode 5 – Extrait

Après ça, les techniciens locaux eurent tendance à être particulièrement chaleureux avec nos jumeaux, ces derniers ayant pris leur défense quand les hauts gradés vinrent les blâmer pour la perte de la navette. Fred fut même particulièrement persuasif pour expliquer à ces chefaillons que, non seulement leurs petites têtes d’ampoule n’y étaient pour rien mais qu’en plus, à force de les pousser à tripatouiller un engin particulièrement instable – du moins en apparence –, ils avaient eu de la chance que personne ne se blesse – et un petit coup de culpabilisation, un ! Quoi qu’il en soit, comme il n’y avait plus rien à faire sur place, tout le monde fut rapatrié à l’oasis, juste à temps pour le dîner du roi. Vous l’aurez compris, une autre ʺ charmante ʺ soirée en perspective attendait nos infiltrés. D’autant plus maintenant qu’ils n’avaient officiellement plus de ration. Eh oui, ils durent goûter les plats locaux et je vous le donne en mille, même avec la meilleure volonté du monde, les insectes et autres mollusques géants, grillés à la broche ou cuit au four façon gigot, furent plutôt difficiles à avaler, littéralement. Sérieusement, imaginez un mille-pattes multicolore, gros comme un Teckel, ficelé avec ses pattes et cuit au four ! Pour un garou habitué aux steaks saignants, ça ne le faisait pas trop, on est d’accord. Et je ne parle même pas de ma femme, elle qui avait déjà du mal à manger tout court.

Chez les ʺ caméléons ʺ, les ailes de simili-lépidoptères en brochettes étaient particulièrement recherchées et appréciées. Du coup, pour ne pas froisser leurs hôtes, nos faux crashés durent s’y essayer sous les regards attentifs de la foule. Heureusement pour eux, d’un point de vue du goût, ce premier plat était le moins pire de tous, mais ça n’empêcha pas Caysha de téléporter chacune de ses bouchées directement dans les pots des plantes rampantes et carnivores décorant la salle, avant même que ces dernières ne touchent sa langue. Mon beau frère n’ayant pas ce pouvoir, sa nausée l’emporta dès le second plat. Faut dire qu’il tenta carrément le gigot de mille-pattes fluo, ce con ! Et pour ne rien gâcher, après avoir complètement retiré son masque, pour pouvoir mieux vomir tout ce qu’il pouvait, toujours dans les pots des plantes précitées, il partit dans un fou rire qu’il eut un mal fou à maîtriser, même avec l’aide de sa sœur, ce qui eut tôt fait d’agacer le roi et ses courtisans. Normalement, ce manque de tenue aurait dû déclencher un esclandre mais les gardes évacuèrent nos deux malotrus tellement vite, que les convives les plus éloignés de la scène eurent à peine le temps de comprendre ce qui venait de se passer.

De notre côté, nous suivions toujours leur situation de près, depuis le Bohemian. C’était déjà risqué de tenter la nourriture locale mais avec en plus un incident diplomatique à la clef, ça pouvait dégénérer très vite. Le bon point c’est que le parasite garou de Fred le protégeait de tous les pathogènes locaux – on avait vérifié avant – mais sa sœur lui fit quand même avaler un calmant car après la nausée, le pauvre fut pris de crampes, à cause de son fou-rire trop violent. Après trois jours sur place, je dois dire qu’ils s’en sortaient bien mieux que ce que nous avions espéré, néanmoins, cette dernière mésaventure pouvait leur coûter cher, la compréhension n’étant pas franchement le point fort de leurs hôtes. Enfin, quand je dis ʺ cher ʺ, je veux dire devoir rentrer avant la fin de leur mission et donc, avoir fait tout ça pour rien. Comme je l’ai déjà précisé, les ʺ caméléons ʺ ne représentaient pas vraiment une menace – moins que leur cuisine, en tout cas.

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