Chap 2 : Des élèves doués – épisode 4 – Extrait

Finalement, Alfred et David réussirent à se libérer et nous rejoignirent. Caysha en a d’ailleurs pris pour son grade et dut prétexter avoir agit par réflexe, de peur qu’il ne se produise la même chose qu’avec les vampires. Et comme plus personne n’avait de caméra – elle était cachée dans le chapeau du rouquin –, il n’y eut aucune archive vidéo de ma prestation garouesque, ce qui nous permit de passer ma nouvelle aptitude sous silence. J’eus juste à prétendre m’être un peu battu avec le gros toutou pour expliquer l’état de mes vêtements. En plus, comme les garous ne gardent pas de souvenirs précis de leur deuxième vie avant d’apprendre à la maîtriser, ceux-là ne risquaient pas de nous dénoncer. En revanche, pour éviter à ma sorcière de s’en prendre plein les oreilles, j’ai culpabilisé David en lui disant que ce fut son super jeu d’acteur qui nous fît perdre le contrôle de la situation. C’était vrai après tout, s’il s’était montré un peu moins pressé de piquer tout le monde, on aurait eu le temps de les anesthésier en douceur. Bon, il me rétorqua sèchement qu’il n’était justement pas acteur et qu’on aurait pu s’éviter cette mascarade/désastre, si nos sorciers de service avaient daigner immobiliser magiquement nos garous. Mais comme dirait l’autre, Alfred en l’occurrence : ʺ on ne va pas épiloguer, ce qui est fait est fait. ʺ.

Après cette mise au point, nous fîmes rapatrier notre famille de lycans au quartier général pour leur retraitement. Nous y constatâmes d’ailleurs, que les garous étaient un peu mieux traités que les autres créatures, étant considérés plus comme des victimes que comme de vrais prédateurs. Puis, plus tard, nous fîmes notre rapport à Mr Roland et nous rentrâmes. En parlant de ça, faut que je vous raconte ce qui arriva le soir même. Vous l’aurez compris, ma pimousse n’aimait pas trop partager la vedette mais ce qu’elle aimait encore moins, c’était se sentir en défaut par rapport à moi. Du coup, en dépit de tout ce qu’elle était capable de faire par magie, elle fut relativement contrariée d’apprendre que je pouvais carrément me transformer en animaux et pas elle – bien qu’elle ne l’ait jamais admis ouvertement. Plus exactement, elle était un peu jalouse que je puisse utiliser toutes les caractéristiques du monde animal à mon avantage et qu’elle, elle en soit réduite à devoir modifier son environnement pour pouvoir y évoluer sans problème – comme le fait de transformer l’eau d’un bassin en liquide amniotique, pour ne pas s’y noyer. Par contre, que moi je sois obligé d’attendre le bon vouloir de Madame, pour aller me reposer en paix, loin du bruit et de nos missions, dans notre petite dimension parallèle, ça, ce n’était pas grave…

Enfin bon, nous rentrâmes donc de cette première mission et comme j’étais un peu crevé nerveusement, je suis allé faire un petit roupillon dans notre chambre, après mon habituel ménage de micros. Seulement, avant de monter et dans l’espoir de la détendre un peu, j’ai suggéré à ma moitié d’aller prendre un bain, histoire qu’elle ait les idées un peu plus claires à mon réveil – elle avait beau faire comme si ça ne la dérangeait pas, je savais bien qu’elle était contrariée par la révélation du jour. Squatter la baignoire pendant souvent presqu’une heure était la seule chose que ma pimousse s’accordait encore à faire, quand elle avait besoin de se calmer – en dehors, bien sûr, de quelques heures de sport en chambre ou de castagne. Bref, une fois arrivé sur mon lit, j’ai sombré presque immédiatement dans un profond sommeil qui fut bientôt agité par un cauchemar des plus désagréables. En effet, je me suis vu baigné d’une lumière aveuglante et surtout dans une sorte de bulle d’eau dans laquelle je ne pouvais plus respirer. Bien entendu, comme il s’agissait d’un rêve, je n’avais pas de pouvoirs, pas de super force et je me suis donc agité dans tous les sens, succombant peu à peu à l’asphyxie avec un sentiment d’impuissance extrêmement douloureux.

Mais ce qui le fut plus encore, ce fut la sensation de me noyer. Je sentis vraiment l’eau emplir mes poumons et broyer tous leurs petits vaisseaux au passage. La souffrance fut telle, que je m’éveillais en sursaut au moment même où mon corps cessa de m’obéir et fut pris de convulsions. Le problème fut que ces sensations ne s’estompèrent pas en me réveillant. J’avais beau être debout à côté de mon lit, j’avais encore la cage thoracique oppressée et la tête dans un étau. Comme je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, j’ai essayé de parler à ma femme par télépathie mais je n’eus aucune réponse, je suis allé donc vérifier qu’elle était toujours dans notre salle de bain. Et là, oh surprise ! Non seulement elle y était toujours mais en plus, elle était en train de se noyer au fond de notre baignoire. Ou plutôt non, elle s’était déjà noyée et me regardait inerte puisque même si son cerveau était encore actif – comme toujours – son corps, lui, ne lui répondait plus. J’ignorais encore la raison de son geste et depuis combien de temps elle était dans cet état mais je compris le pourquoi de mes sensations d’asphyxie – qui commençaient à s’estomper. Bon, le point positif était qu’il me suffisait de la sortir de là pour qu’elle retrouve son souffle et ses couleurs. Mais au moment où je plongeais mes mains dans l’eau chaude, elle les attrapa d’un coup me faisant sursauter comme jamais. Elle se releva ensuite doucement, arborant un large sourire, plus flippant tu meurs, parce qu’en fait, elle venait tout simplement de se transformer en… vampire !

Eh oui, vous avez bien lu ! Elle aussi s’est donc avérée capable de s’approprier les caractéristiques des créatures sous son règne, à la différence que, physiquement, c’était toujours elle mais en version vampire ou démon ou… machin truc. Et pour y parvenir, elle dut se suicider – quand je vous dis qu’elle est très têtue. En fait, comme vous le savez, à part se nourrir d’énergie et pratiquer la sorcellerie, les ʺ métalleux ʺ ne sont pas très différents des humains, extérieurement parlant. Ils ont parfois une peau de couleur ou de texture un peu différente, en fonction de là où ils vivent mais en général, leurs yeux de couleurs vives et brillants dans le noir sont les seules choses qui les distinguent vraiment du commun des mortels. Ce qui se comprend aisément car la plupart d’entre eux évoluent en milieu urbain. Ma pimousse était donc déjà en mesure de s’approprier leurs capacités magiques, il ne lui manquait que celles se rapportant à leurs caractéristiques physiques et maintenant, c’était donc chose faite. Du coup, comme elle venait de se prouver à elle-même qu’elle était sur le même pied d’égalité que moi, ça lui rendit le sourire. Pointu et faisant un bruit métallique mais sourire quand même… Je vous rassure, elle redevint elle-même en quelques minutes, qui furent d’ailleurs, tout aussi douloureuses que la noyade, pour elle comme pour moi – même si ce qui me fit le plus mal, fut de la voir souffrir. Puis, quand elle découvrit que j’avais également souffert à travers elle, elle s’excusa et promit de ne plus refaire ça, à moins d’y être obligée.

Ce fut la toute première – et malheureusement pas la dernière – fois que nous partageâmes notre souffrance à distance et elle en fut extrêmement désolée. Honnêtement, nous nous savions connectés mais pas à ce point-là et croyez-moi, nous n’étions pas encore au bout de nos surprises dans ce domaine. Mais bon, pour se faire pardonner, elle nous emmena dans notre petite dimension personnelle où nous partageâmes un long moment intime, afin de nous requinquer psychologiquement. Ensuite, nous revînmes dans la réalité pour que je puisse finir ma nuit car, soyons clairs, elle m’épuisait, littéralement – et c’est toujours le cas… Ben oui, l’énergie lui permettant d’ouvrir et de squatter les dimensions parallèles venait de moi – sans même parler du reste. De surcroît, plus on s’éloigne de la réalité, plus lesdites dimensions sont elles-mêmes énergivores donc, la nôtre, ne dérogeant pas à cette règle, nous ne pouvions pas non plus y rester ad-vitam – Caysha pouvait y passer huit heures locales seule et le double si elle était avec moi. Par ailleurs, comme je l’ai déjà précisé, il y fait plus froid et même quelques degrés ça peut vite faire une différence quand on a un cul gelé en guise de femme – dans notre planque, nous perdions 5°C en moyenne, par rapport à la température extérieure, observée au même endroit dans la réalité. En revanche, ne me demandez pas de vous dire d’où venaient ces différences environnementales, ni même l’atmosphère respirable de cet endroit car, pour être tout à fait franc, un, nous ne le découvrîmes vraiment que bien plus tard et deux, comme souvent, je n’ai pas tout bien saisi les explications de ma femme.

 

Voix flottante de Caysha : ʺ Dis plutôt que t’as pas tout écouté. ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Que veux-tu j’étais jeune… ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Mouais, et c’est quoi ton excuse maintenant ?  ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Le temps n’a pas d’emprise sur moi ? ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Oui, OK… Bon, tu veux que je te réexplique ? ʺ

Voix de Vinsen : ʺ C’est gentil mais on verra ça le moment venu, si tu veux bien. Je ne voudrais pas noyer mes lecteurs… ʺ

Voix flottante de Caysha : ʺ Quels lecteurs ? ʺ

Voix de Vinsen : ʺ Donc…  ʺ

 

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