Chap 12 : La Croisée Des Chemins – épisode 2 – Extrait

Après tout ça, nous étions tous deux extrêmement las, psychologiquement, même si quelque part, nous étions soulagés que ça soit derrière nous. A dire vrai, tandis que nous nous étreignions, nous en fondîmes même en larmes, sans pouvoir nous arrêter avant plusieurs minutes. Ma sorcière me regarda ensuite manger, m’accompagnant de son thé habituel, puis nous retournâmes nous étendre, sans dire le moindre mot, pas même par télépathie. Finalement, après un long sommeil réparateur, ma pimousse et moi profitâmes de notre solitude, pour faire quelques derniers grands tours. Plus rien ne nous retenait sur Terre, nous aurions même pu partir dès le lendemain de notre bataille, mais je voulais me sentir en pleine forme, du moins physiquement, avant de quitter définitivement ce monde. J’informais donc notre Ouranos que nous allions encore rester quelques jours, histoire de reprendre des forces, avant d’affronter le vide spatial à ses côtés. Ils nous donnèrent jusqu’au 10 décembre, au-delà, ils partiraient devant, sans nous attendre, ce qui nous laissait une petite semaine pour récupérer.

Je dois préciser que Luc eut beaucoup de mal à convaincre la famille de nous laisser seuls encore quelques jours. Il comprenait mieux que quiconque pourquoi nous en avions besoin car il était l’un des rares à avoir compris pourquoi nous étions restés. Ben oui, sachant que la plupart des ouranautes – entendez les passagers de notre vaisseau – considéraient que les conservateurs ne méritaient pas moins que de cuir lentement au soleil, nous ne nous étions pas vraiment vantés de notre intention de les achever avant de partir. Quoi qu’il en soit, durant ces quelques jours, nous pûmes donc profiter pleinement des bouleversements à la surface de notre jolie planète. En effet, plus les jours passaient, plus le ciel se teintait de rouge et plus le climat se réchauffait. C’était vraiment spectaculaire à voir, surtout si vous y ajoutiez les caprices de la météo. Quelque part, on avait parfois l’impression que le monde qui nous avait vu naître n’était pas en train d’agoniser mais de se battre de toutes ses forces pour partir en beauté – et pour être beau, le spectacle valait vraiment le coup d’œil, aussi triste fût-il. A tel point qu’au terme d’une de nos promenades, environ deux jours après la fin des conservateurs, nous nous posâmes sur l’une des hautes falaises du Grand Canyon, pour admirer le paysage, quand je fus surpris de m’apercevoir que nous étions tous deux souriant devant ce qui allait s’avérer être notre dernier crépuscule terrestre.

Au fil des heures, notre affliction laissait place à une forme d’optimisme, emprunte d’une furieuse envie de tout recommencer à zéro, en laissant les mauvais souvenirs derrière. J’arrêtais alors de regarder le ciel tumultueux pour me concentrer sur la magnifique créature à mes côtés. Nous nous embrassâmes alors, pour finalement nous laisser porter par une passion enjouée et non plus exutoire, jusqu’au lendemain. Puis rebelote, après un bon petit déjeuner, nous repartîmes en ballade amoureuse mais cette fois-ci, du côté des Andes.

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