Chap 12 : La Croisée Des Chemins – épisode 1 – Extrait

Contrairement à l’effervescence des derniers mois, décembre commença assez doucement. Caysha et moi étions au ralenti voire, avancions à reculons. Nous appréhendions tous les deux notre futur affrontement et faisions tout pour penser à autre chose. De temps en temps, nous sortions du vaisseau pour nous aérer l’esprit, en admirant les puissances de la nature à l’œuvre. Mine de rien, un ouragan, une tornade ou une éruption volcanique… sont des phénomènes magnifiques à observer. Nous étions aussi attentifs aux mouvements des morceaux de lune qui s’entrechoquaient chaotiquement au-dessus de nos têtes. Le choc suite à l’éruption solaire avait été assez puissant pour briser la lune et décaler son orbite mais pas assez pour la mettre hors de portée de la gravité terrestre, au contraire, l’un des deux plus gros morceaux s’était même rapproché. En plus, régulièrement, des pluies de météorites lunaires ou autres, embrasaient le ciel. Ces visiteurs sélénites ou ganymèdiens n’étaient pas forcément de petite taille et leur chute était parfois visible à des kilomètres. Ma sorcière et moi avions déjà pris l’habitude de nous promener dans les anciennes mégalopoles, complètement abandonnées, juste pour admirer à quelle vitesse la végétation reprenait ses droits. Et avec les catastrophes en série et autres chutes de météores, l’évolution du décor était de plus en plus impressionnante.

Le ciel aussi se muait lentement à mesure que notre soleil grossissait. Jadis bleu et clair, notre voûte commença à prendre une teinte de plus en plus orangée, comme un début de crépuscule qui commencerait dès l’aube. Les nuages de cendres se répandaient au gré des vents violents donnant un aspect très apocalyptique à notre planète – par endroit, on se serait cru sur Vénus. L’atmosphère devenait moite et pesante, les pluies, de plus en plus acides et chaudes. Nous assistions aux prémices de la fin de notre monde et c’était dramatiquement sublime. Nos condamnés à mort n’étaient pas en reste. Cap Canaveral se situant en Floride, les ouragans qu’ils rencontraient étaient très violents et beaucoup d’entre eux préférèrent affronter les éléments plutôt que nous. Les bouleversements climatiques s’enchaînaient à une telle vitesse, que vous pouviez avoir de la neige, des cendres, de la pluie et un grand soleil en quelques minutes, voire, tout en même temps. C’était littéralement incroyable et nous n’avons pas manqué de filmer et de photographier ces événements pour les montrer aux générations futures. A dire vrai, nous étions aussi très sensibles au fait que nous allions être les derniers êtres ʺ vivants ʺ à fouler le sol de la Terre, en dehors des plantes, des insectes et des micro-organismes, une fois le sort des derniers conservateurs réglé.

Après une longue nuit et une matinée non moins difficile, en bref, durant les quelques heures qui nous séparaient du massacre à venir, ma femme et moi étions tellement stressés que nous ne nous sommes pratiquement pas adressés la parole. De son côté, elle n’arrêtait pas d’entrer et sortir du vaisseau, à bricoler je ne sais trop quoi, pendant que je m’enchaînais toutes sortes de programmes télé, histoire d’essayer de penser à autre chose. Je vais être franc, je n’arrêtais pas de changer d’avis – appelez-moi ʺ Zapetteman ʺ – et ce fut finalement la trilogie ʺ Starwars ʺ – épisodes IV à VI, bien sûr – qui me permit d’enfin me poser devant l’écran. De temps à autres, ma moitié venait me rejoindre mais comme elle tenait encore moins en place que moi, elle repartait souvent aussi vite qu’elle venait. En fin d’après-midi, elle finit néanmoins par me rejoindre sous la couette, pour regarder la fin du troisième film, collée contre moi – pas besoin de parler pour se consoler. Et environ vingt minutes avant le crépuscule floridien, prévu vers 17h30, nous nous préparâmes à partir – on n’a même pas mangé. On était devenu tellement puissant, par rapport aux garous, qu’on aurait très bien pu aller les affronter sans arme. Mais par respect pour leur dernier combat, je m’équipais de mes gants aux phalanges de titane et Caysha de son blouson de moto, avec non pas une mais deux machettes magiques attachées dans son dos – comme deux cimeterres à lame droite, en un seul bloc de diamant noir. Ce fut donc là que je réalisais à quoi elle avait passé toute sa journée. Après ça, nous fûmes fins prêts à partir.

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