Chap 11 : L’arche des cieux – épisode 1 – Extrait

Le mois de novembre commença donc par notre voyage inaugural, censé durer trois semaines entières – plus une en orbite basse, afin de compléter le chargement de nos batteries. En passant au-dessus du Pacifique, nous téléportâmes à bord quelques vieilles épaves et autres vestiges de la seconde guerre mondiale, que nous disposâmes au fond de la fosse de notre surface artificielle, afin d’agrémenter un peu son futur environnement marin. Nous prîmes aussi un peu d’avance sur notre collecte de trésors en y joignant quelques ruines, de petite taille, avant d’immerger le tout sous soixante mètres d’eau de mer. Nous avions ainsi à peu près toutes les époques représentées, à travers quelques dizaines d’œuvres d’art, martiaux ou autres, venant des quatre coins du monde. Ensuite, nous sélectionnâmes des spécimens marins en bonne santé que nous déposâmes dans notre mer artificielle – rien de plus volumineux qu’un skateboard. Nous recréâmes aussi l’environnement d’un récif corallien caribéen sur tout le pourtour sud et celui d’un littoral de région tempérée sur le pourtour nord – passer des Caraïbes à la Bretagne en moins de trente-cinq kilomètres, en ligne droite, c’était carrément dément. Puis, une fois notre décor et notre faune mis en place, nous complétâmes le volume d’eau de sorte qu’il arrive à hauteur de nos plages.

Notre parc animalier, par contre, allait être un peu plus compliqué à élaborer. Nous voulions y mettre au moins deux forêts, une plaine, quelques dénivelés, un grand lac, des rivières d’eau douce et quelques monuments. Finalement, nous le composâmes de la même manière que notre faux océan, nous prîmes un décor semblable à une forêt bretonne finissant sur une plaine de hautes herbes, continuant en savane et reprenant sur une forêt tropicale – enfin forêt est un bien grand mot, bois est plus proche de la vérité –, le tout bordé de plages et entrecoupé de cours d’eau douce, finissant sur un lac central. La plage qui reliait la partie tropicale à notre mer formait une mangrove, de même, celle qui reliait le bois tempéré au littoral donnait sur une falaise accidentée de vingt mètres de haut. Et après le décor végétal, nous nous mîmes en quête de nouveaux monuments. Partout où nous passions, nous nous arrêtions pour miniaturiser les spécificités locales et compléter notre collection de vivariums, décorés de monuments historiques – d’une pierre deux coups.

Pour ceux de notre parc, nous choisîmes une église gothique en granite, une petite pyramide aztèque, un château-fort, une ziggourat, un petit sphinx égyptien, quelques statues classiques et quelques autres plus tribales, comme celles de l’île de Pâques – vous comprenez maintenant notre souci de minimiser les excédents de bagages. De même, pour la faune du parc, nous devions créer un équilibre homogène pour éviter de réunir des espèces trop invasives. Nous penchâmes donc pour des spécimens typiques des environnements recréés, en omettant les prédateurs trop agressifs et les proies trop reproductives – encore une fois rien de plus gros qu’un chien. Nous voulions que l’équipage puisse se promener et entretenir cet environnement sans risquer de se faire croquer les fesses et que les espèces introduites puissent y vivre tranquillement – nous allions juste contrôler leur population, comme nous allions le faire avec la nôtre.

 

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