Chap 10 : Mobilisation générale – épisode 1 – Extrait

Plus l’échéance approchait, plus nous voyions nos gens mettre les bouchées doubles pour finir notre vaisseau à temps. Il faut dire que nos blessés légers purent se joindre à l’effort collectif assez vite, du coup, moins d’un mois après notre retour, la mobilisation chez nous était quasi générale. Après la fourniture du dernier moteur, intervenue sans incident notable au lendemain de la nouvelle lune du 10 octobre, nous considérâmes que les conservateurs n’avaient plus besoin de nous dans l’immédiat. Leurs engins étaient réglés, il ne leur restait plus qu’à construire leurs habitacles – une paille… En conséquence, ma sorcière et moi pûmes nous consacrer entièrement à notre chantier. Je vous rassure, ils continuèrent de nous solliciter mais dès lors, nous nous contentâmes de leur répondre par téléportation de messages ou de plans, sans plus nous déplacer – à la grande satisfaction de mon beau-frère.

De notre côté, notre embarcation prenait forme rapidement et je peux vous dire que c’était déjà un véritable monstre, autant par sa taille que par son potentiel. En tout, elle faisait plus de trois cent vingt-cinq kilomètres cubes, sur six étages, dont seulement trois destinés à loger notre communauté – soit un peu plus de quatre-vingt-dix kilomètres cubes d’habitations. Vue du dessus, elle était de forme hexagonale et de profil, on aurait dit une énorme pierre précieuse, parfaitement taillée, toute plate au-dessus et en-dessous. Même sans le revêtement extérieur encore posé, la structure des échafaudages marquait déjà les futurs traits de notre bijou spatial et croyez-moi, vu du sol, il était particulièrement impressionnant. Le premier niveau, surnommé ʺ la surface ʺ, dessinait une plateforme centrale de terre accidentée, de huit cents kilomètres carrés sur cent mètres d’épaisseur – pour l’heure un énorme terrain vague –, bordée par une fosse de deux cents kilomètres carrés, profonde de quatre-vingt-cinq mètres. Cette ʺ surface ʺ allait servir à créer un parc, entouré d’une mer artificielle, pour que nos futurs membres d’équipage puissent s’y promener en ayant l’illusion d’être encore sur Terre – une sorte de bulle d’air sous cloche.

Le deuxième niveau regroupait les trois futurs étages d’habitations, formant un bloc comprenant une surface de plafond de mille kilomètres carrés, une surface au sol de trois cent kilomètres carrés, le tout sur cent-cinquante mètres de haut – une jolie et très large pyramide hexagonale tronquée inversée. Comme on avait commencé par eux, ces étages constituaient déjà des ensembles urbains fermés, comprenant, en plus des appartements vides, des emplacements pour de futurs aménagements fleuris ʺ extérieurs ʺ, de futurs lieux de services – écoles, cliniques… – et bien sûr, de futurs lieux de convivialité – bars, cinémas… Cette ʺ ville ʺ, sur ses trois dénivelés internes, formait une sorte de colimaçon bordé par la future coque. A dire vrai, pour l’instant, ça ressemblait à un grand Tetris vide en spiral mais nos gens s’y projetaient déjà et on sentait bien que l’architecture simple mais efficace imaginée par Luc, les séduisait encore plus que celle de Lazarus – c’est dire s’il s’était surpassé.

Les deux niveaux suivants allaient être réservés aux postes de contrôles, de pilotage et au moteur. En fait, le niveau cinq était parti pour regrouper dix-huit kilomètres cube et demi de laboratoires, de serres, d’entrepôts et le poste de pilotage/commandement. L’étage entier allait servir uniquement à vérifier que chaque circuit fonctionnait bien, que toutes nos ressources se renouvelaient bien comme nous le souhaitions, bref, que tout se déroulait comme prévu pour que notre voyage spatial, à durée indéterminée, se passe au mieux. Il allait aussi abriter des entrepôts pour stocker du matériel d’exploration même si, pour l’heure, ledit matériel n’était encore qu’à l’état de plans, dans la tête de ma pimousse. Bon, au moins, on avait prévu la place pour stocker les futures inventions géniales de nos ingénieurs maison et ce n’était déjà pas si mal, compte tenu des circonstances. Le tout dernier et sixième niveau, lui, n’allait contenir que le moteur, soit presque quinze kilomètres cubes uniquement dédiés à notre mobilité dans l’espace, qu’il soit interstellaire ou terrestre. Ben oui, outre le voyage spatial, le but du jeu c’était quand même de trouver un nouveau foyer sur une planète habitable donc, la moindre des choses, c’était de prévoir une propulsion dite terrestre.

 

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