Chap 10 : Contreparties – épisode 6 – Extrait

Contre toute attente, notre agonisant invité ne fut finalement pas très difficile comme patient, surtout vu les circonstances. Non, il se montra même plutôt avenant et coopératif, même si chaque changement de bandages fit l’objet de négociation. Par contre, nerveusement parlant, d’autant plus avec notre récent passé, ce fut assez dur à encaisser au quotidien. Tant et si bien que ma sorcière et moi dûmes même nous relayer régulièrement, pour pouvoir nous occuper de lui sans craquer. Je vous jure, le jour où Caysha apporta des fruits à Junon, elle en revint blanche comme un linge. On squatta aussi les sofas familiaux, sur Ouranos, pour pouvoir nous reposer un peu parce que, sur Mini-Gaïa, ce n’était tout simplement plus possible. En fait, pour vous aidez à visualiser, les deux premières phases de son ʺ allergie ʺ, la fièvre et la réapparition des cicatrices, se passèrent plutôt bien, puisque sa chambre était au frais et qu’il parvenait encore à supporter sa peine, malgré quelques convulsions ici et là. Seulement, dès que ses plaies commencèrent à se rouvrir, c’en était fini de lui – et de nous – pour cinq jours pleins.

C’est bien simple, son sang rouge violacé ne voulait plus s’arrêter de couler, même avec nos bandages matelassés d’éponges, sa température plafonnait irrémédiablement à cinquante-deux degré Celsius, alors qu’on avait transformé sa chambre en iceberg, et il avait beau être aveugle et affaibli, il nous a fallu trois jours pour le convaincre d’arrêter les jeux vidéos. Ah ça, il adore Street Fighter IV et même dans son état, il réussissait à nous battre quoi qu’on fasse. Finalement, ce qui lui fit lâcher les manettes, toutes poisseuses de son sang, c’est quand il commença à alterner des phases de coma profond et des phases d’intenses convulsions, au milieu du quatrième jour – et moi qui pensait l’avoir enfin battu alors qu’en fait, il s’était évanoui pendant notre partie… Puis, d’un coup, à l’aube du sixième jour, notre incorrigible ʺ parrain ʺ se réveilla tout bonnement en pleine forme, se leva d’un bond, sans se soucier une seconde qu’il était complètement nu sous ses bandages tombants, et se rendit directement dans notre cuisine, pour y faire une véritable razzia. Pour être honnête, on me qualifie régulièrement de morfal mais à côté de lui, je peux vous assurer que je suis un petit joueur parce que c’est vraiment à se demander où il met tout ce qu’il ingurgite.

 

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