Chap 1 : La dérive des survivants – épisode 3 – Extrait

Au début, tous les mondes que nous rencontrâmes étaient des environnements primitifs ou post-apocalyptiques, impropres à la colonisation. Nous aurions pu poser Ouranos sur l’un d’eux et évoluer sous cloche mais nous voulions donner une chance à nos propres écosystèmes miniaturisés de reprendre une taille normale, sous la lumière d’un vrai ciel bleu, ou autre – ambitieux n’est-ce pas ? Du coup, quatre ans et deux systèmes planétaires plus tard, notre catalogue de P3X… s’était étoffé d’une dizaine d’exoplanètes, toutes plus ou moins intéressantes, mais sans véritable attrait pour nous. Après tout, nous étions auto-suffisants et si l’expérience terrestre nous avait appris quelque chose, c’est qu’on n’est pas plus à l’abri sur une planète qu’à bord d’un vaisseau spatial donc, pourquoi se presser ? Contrairement à nos ʺ pires des pires ʺ dans leur vaisseau poubelle, nous, nous pouvions nous permettre de faire les difficiles et de vraiment chercher la perle rare, quitte à y passer quelques années. Et en parlant de perles, la première à avoir vraiment retenue notre attention se trouvait dans le système de l’étoile Upsilon Andromedae – quatrième escale.

Ce système, encore une fois binaire, regroupait trois planètes géantes gazeuses, pourvues de nombreux satellites et c’est justement l’un de ceux orbitant autour de la planète D, qui nous interpella immédiatement. Il ressemblait à s’y méprendre à feu notre Mars, avec la même atmosphère sèche et glaciale. L’environnement désertique rappelait nos steppes de Mongolie, en version bleu-vert, dû à la concentration d’oxyde de cuivre dans le sable de surface et à la luminosité locale. Ce satellite avait abrité la vie des millénaires durant et une mauvaise rencontre avec un météore exterminateur – aussi gros que celui à l’origine de la fin de nos dinosaures – avait engendré une extinction majeure, suivie d’une ère glaciaire qui durait depuis déjà quelques siècles. Contrairement à ce que la Terre avait vécu, la surface de celui que nous renommâmes P3XUANDD1, n’était pas recouverte de glace car il n’y avait plus une seule goutte d’eau sur cette planète. Et en dépit d’une érosion très rapide, du fait de très nombreuses tempêtes de poussière, elle abritait encore quelques vestiges d’une ancienne civilisation.

Ces ruines étaient composées de nombreuses et monumentales structures métalliques, finement gravées, et dont les glyphes rappelaient nos propres civilisations perdues, telles nos mayas ou olmèques. Elles représentaient tout ce qui restait d’un monde apparemment très évolué mais néanmoins disparu et étaient toutes concentrées au même endroit, comme si la vie n’avait colonisé que 0,05% de cette planète. De l’extérieur, ce n’était rien de plus que des monticules de sable, vaguement dodécaédriques et à moitié enterrés. Mais si vous pénétriez à l’intérieur, par leurs portes pyramidales, certains sites étaient très richement décorés, témoignant d’une époque faste et d’une civilisation non seulement très avancée mais aussi socialement structurée, comparable au moyen-âge chinois. Je vous rassure, c’est uniquement grâce à nos pouvoirs d’éternels – surtout notre ʺ connexion ʺ automatique aux nouveaux mondes et le savoir universel de ma pimousse – que nous pûmes nous permettre ces comparaisons expresses. Sans ça, nos conclusions auraient nécessité des mois d’études et d’analyses poussées.

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